29 févr. 2016

Tous les juifs devraient devenir citoyens israéliens, par Alain Elkann

Si nous les Juifs voulons exister et être forts, nous devons comprendre qu’il y a un État juif dont Jérusalem est la capitale. Nous ne sommes plus un peuple errant venant du désert ou de la diaspora. Nous sommes des Juifs avec un pays où il y a des politiciens, des rabbins, des professeurs, des artistes, des médecins, des ouvriers, des commerçants, des marins, des acteurs, des chanteurs, des danseurs, des juristes, des soldats, des paysans, tous juifs et citoyens israéliens.

Israël est un pays menacé par de nombreuses nations hostiles, avec des détracteurs et quelques amis. Souvent, même les Juifs de la diaspora désapprouvent la politique des Israéliens, leur armée et leurs activités bellicistes. Cependant, nos enfants dans le monde entier devraient se sentir concernés, et devenir soldats en Israël, à l’âge requis et quand la nécessité s’en fait sentir.

28 févr. 2016

Les enjeux de la loi sur la déchéance de nationalité, par Shmuel Trigano

Le débat sur la déchéance de nationalité est d’une certaine façon la version socialiste du débat sur l’identité nationale qu’avait initié en son temps Sarkozy. Sauf qu’il ne l’ouvre que par ricochet.

La tolérance à l'antisémitisme est un climat préparatoire aux actes de terrorisme.


La loi est en effet motivée par un ensemble de circonstances nouvelles, à savoir des actes terroristes commis -- et pouvant à l’avenir être commis -- par des citoyens français. L’enjeu de la double nationalité statue implicitement sur le fond que ces terroristes sont, quoique français, d’origine étrangère et donc en recul de la nation, ce qui ouvre la possibilité de les extrader dans leurs pays d’origine en cas de ce qu’il faut bien appeler une « trahison » de la nation, une expression jamais formulée dans le débat politique et qui laisse entendre que ces citoyens défaillants et déloyaux constituent un secteur, un peuple à part dans la nation.

25 févr. 2016

"La laïcité battue en brèche à l’hôpital" (Le Figaro, 16 fév. 16)

"Les incidents, en majorité liés à l’islam, se multiplient depuis plusieurs années. Ils concernent des patients mais aussi des membres du personnel soignant. Face à l’approche prudente des directions d’hôpitaux, des chefs de service soulignent que la fermeté est souvent efficace.


Des parents qui récusent un pédiatre homme pour leur fillette de quelques jours seulement, des bénévoles catholiques qui s’invitent systématiquement chez tous les patients, des malades qui refusent de signer une autorisation de soins le jour du shabbat... Il est loin le temps où, à l’hôpital, les requêtes religieuses se résumaient à « pas de viande le vendredi » ! Alors que l’Observatoire de la laïcité s’apprête à publier son Guide de la laïcité à l’hôpital, les récriminations des patients apparaissent de plus en plus fréquentes et incongrues. Tout comme, d’ailleurs, les revendications des personnels. « On est dans une surenchère permanente, observe Isabelle Lévy, auteur de Menaces religieuses sur l’hôpital. Et pendant que des personnels hospitaliers s’épuisent dans d’interminables négociations avec les usagers, des vies humaines sont régulièrement mises en péril. » Ancienne secrétaire médicale à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), cette spécialiste des religions est aujourd’hui formatrice en milieu hospitalier. « S’il n’y avait pas de problèmes, je ne travaillerais pas !, lance-t-elle. Or mon agenda est déjà plus chargé qu’en 2015, et je suis désormais appelée jusque dans des petites bourgades paumées... »

Six questions gênantes sur le mouvement migratoire, par Tatiana Guturova

Tatiana Gutorova est correspondante de l’agence kazakhe Tengrinews en Serbie. Elle a suivi de près le mouvement migratoire qui a traversé le pays en été-automne 2015. Dans l’un de ses reportages, elle pose et se pose une série de questions simples au sujet de ce phénomène, de toute évidence orchestré à ses yeux. Nous avons traduit ce reportage parce qu’il est représentatif des interrogations de nombreux journalistes extérieurs à l’UE, ayant leur tête sur les épaules et délivrés du fantôme de l’autocensure. « Entrée libre aux outsiders » (Мигранты: Посторонним вход разрешен, Tengrinews, 6.11.2015). 

Je me rappelle le jour où je les ai aperçus pour la première fois à Belgrade. Une compagnie de jeunes gars s’était pointée dans un petit café belgradois. Ils semblaient sortir tout droit d’un magazine : coupes dans le vent, lunettes de prix, habits griffés.
— Réfugiés, a dit mon ami en les montrant de la tête.
J’ai renversé mon jus.
— Tu plaisantes ?
(…)

Chronique de Michaël Bar-Zvi du 25 février 2016

Sommes-nous à la veille d’un cessez-le-feu en Syrie après la conversation entre Poutine et Obama et l’annonce d’élections en avril prochain par Bachar el Assad ? Rien n’est moins sûr, car la situation sur le terrain se dégrade encore plus de jour en jour. La Russie a prévenu les États-Unis de son intention de survoler son territoire pour faciliter le travail de ses services de renseignements, tandis que la Turquie de son côté continue de menacer Moscou d’attaquer ses soldats aux abords de sa frontière et multiplie ses frappes contre les forces kurdes.

L’armée syrienne progresse dans la région d’Alep et reconquiert peu à peu une partie du territoire au prix de centaines de victimes civiles, alors que islamistes affiliés à Daech, Djabat el Nosra et Al Qaida commettent de sanglants attentats dans la banlieue de Damas. Face à cette spirale infernale, force est de constater que l’occident est impuissant et que l’Europe est incapable d’appliquer une politique commune.

La crise syrienne, avec ses conséquences géopolitiques, humaines, morales et économiques est sans aucun doute le révélateur ultime de l’échec du projet d’une Union européenne. La crise économique de 2008 avait fissuré l’Union européenne, la crise grecque avait agrandi un peu plus la faille, mais les guerres civiles en Irak, en Syrie et en Libye sont en train de la faire voler en éclats.

Face à l’arrivée des migrants en provenance de ces pays, chacun des Etats de l’Union agit selon ses intérêts, ses besoins, et ses craintes. Malgré les injonctions morales de diverses organisations humanitaires, les gouvernements européens ne sont pas en mesure de s’accorder sur l’attitude à adopter face à ce qui n’est plus une menace mais une réalité, dont les enjeux, on le comprend aujourd’hui, ne sont pas seulement économiques ou sociaux mais également culturels, voire civilisationnels.

Les événements de Cologne au mois de décembre ne sont qu’un prélude à ce qui peut arriver en Europe si la question des migrants n’est pas traitée en profondeur, à travers tous ses aspects. Il ne s’agit pas seulement d’accueillir des gens et de faire preuve d’hospitalité ou de générosité, mais de s’interroger sur les valeurs fondamentales communes qui doivent être intégrées, comprises, et acceptées par les hôtes. L’Europe n’est pas simplement une auberge ou un refuge pour des personnes démunies, traquées ou malheureuses.

Interview de Pierre-André Taguieff

Interview de Pierre-André Taguieff par le journaliste Mauro Zanon pour le quotidien italien Libero (Milan), publiée partiellement le 6 juillet 2014, p. 16 (« Intervista al noto politologo francese »).
À partir du livre de P.-A. Taguieff, Du diable en politique. Réflexions sur l’antilepénisme ordinaire, Paris, CNRS Éditions, 2014. 
 
 
1) Partons donc de votre dernier ouvrage, dans lequel vous dénoncez le processus de diabolisation du Front national à l'œuvre dans le paysage politico-médiatique. Quand ce processus a-t-il commencé et de quoi s’agit-il dans le détail? Et surtout quand la diabolisation du lepénisme est-elle devenue obsessionnelle au point de faire la fortune du Front national?
 
PAT. Commençons par une définition claire de la question. La diabolisation implique de réduire un individu ou un groupe à une manifestation du Mal ou à une incarnation du diable, et d’en tirer les conséquences pratiques, à savoir l’exclusion, voire l’élimination de l’entité diabolisée. Dans les systèmes totalitaires, la diabolisation des opposants se traduit par leur extermination physique. Dans les démocraties pluralistes, les adversaires diabolisés sont en principe exclus du jeu démocratique, mis à l’écart du système politique. La diabolisation constitue ainsi une méthode d’illégitimation d’un adversaire, d’un concurrent, d’un contradicteur, qui sont ainsi transformés en ennemis à la fois redoutables, méprisables et haïssables. En outre, diaboliser l’autre (l’opposant ou le différent), c’est  se classer soi-même dans la catégorie des représentants ou des combattants du Bien. C’est donc se donner une légitimité, voire une respectabilité à bon compte. Diaboliser est une pratique qui assure et entretient le confort intellectuel et moral du diabolisateur.
 
Pierre-André Taguieff, directeur de recherche au CNRS (Centre de recherches politiques de Sciences Po, Paris)

22 févr. 2016

Pour un moratoire sur les ondes gravitationnelles, par le COMOG.

Rassemblant une centaine de chercheurs indépendants, le « Collectif pour un moratoire sur les ondes gravitationnelles » (COMOG) nous fait parvenir cette tribune. Nous la publions in extenso dans nos colonnes.
Les ondes gravitationnelles, un danger évident.
« Ces derniers jours, la mise en évidence des « ondes gravitationnelles » ne cesse de faire les titres de la presse. Tout le monde salue cette prétendue « avancée scientifique », qui a été publiée dans la Physical Review Letters, une revue aux ordres du lobby nucléaire. 
Or, notre collectif, composé de chercheurs indépendants qui tiennent à garder l’anonymat pour des raisons qui leur appartiennent, s’inquiète de la nocivité évidente des ondes gravitationnelles.
À ce jour, il n’existe, en effet, aucune étude sérieuse établissant l’innocuité effective de ces ondes. C’est la raison pour laquelle nous proposons un plan d’actions en quatre points.

20 févr. 2016

Une initiative abracadabrantesque, par Jean-Pierre Bensimon

La France vient de lancer un plan pour résoudre le conflit israélo-palestinien dont il est impossible de comprendre la logique si l'on ne prend pas en compte la préparation de la présidentielle de 2017

Lors de ses vœux au corps diplomatique, le 29 janvier, Laurent Fabius avait évoqué une initiative française pour "faire aboutir, si c'est possible, une solution à deux états." Il s'agissait dans son esprit de réunir une vaste conférence internationale à Paris, le projet étant bien entendu endossé par François Hollande. En cas d'échec la France reconnaîtrait l'état de Palestine. La proposition revient en gros à la création d'un état palestinien suite à une conférence imposant le retrait d'Israël sur les lignes de 1967, c'est-à-dire l'évacuation de la Judée et de la Samarie et la division de Jérusalem.
 
Extrait de Quai d'Orsay d'Abel Lanzac et Christophe Blain.
Mardi dernier, le 16 février, l'initiative franchissait une étape décisive. Un diplomate, Patrick Maisonnave, était dépêché à Jérusalem pour la présenter aux responsables israéliens. En même temps, vingt ambassadeurs étaient envoyés avec le plan à Londres, Berlin, Moscou, dans toute l'Europe, aux États-Unis et dans de nombreux pays arabes. Ramallah avait eu droit quelques jours avant à la primeur du plan.

18 févr. 2016

Le gang d’Erdogan, par Romain Edessa

La Turquie touche de l’or de l’UE malgré une candidature plombée. Plus personne ne croit en l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne. Même pas les Turcs eux-mêmes. Et pourtant, ce pays continue de percevoir de généreuses subventions de l’Union européenne...  

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On connaît tous la Camorra, la mafia russe, les yakuzas japonais et d’autres groupes mafieux. On connaît moins le Gang d’Erdogan : le président turc flanqué de ses commissaires européens. La machine est bien huilée, la manœuvre passe inaperçue. En tant que candidate à l’Union européenne, la Turquie perçoit des subventions de l’Union européenne. Entre 2002 et 2006, cette aide s’est élevée à 1,249 milliard d’euros. Pour la période 2007-2013, la dotation a été généreusement revalorisée pour atteindre 4,9 milliards d’euros. Le même montant est prévu pour la période 2014-2020. Sauf que personne ne croit à l’entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Alors pourquoi continuer à financer son adhésion ? Que se passera-t-il si ce jeu de dupe dure cent ans ? Les contribuables européens auront transféré 100 milliards d’euros à la Turquie sans aucune contrepartie.

Le processus d’adhésion de la Turquie a en effet débuté en 1999, il y a déjà dix-sept ans. Sur les trente-cinq chapitres à négocier pour l’adhésion, un seul a abouti. Un seul dossier en dix-sept années ! Combien de temps pour les trente-quatre restants ? Et combien de dizaines de milliards en attendant que les négociations s’achèvent ? Le statut de candidat éternel est une belle affaire : elle génère des milliards pour la Turquie mais l’exonère des contraintes liées au statut d’État membre.

Même les Turcs ne veulent pas adhérer !

Or, personne ne croit à l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. Même les Turcs n’en veulent pas et les plus béats des Européens admettent qu’elle devient de moins en moins probable. Comment en effet accepter un État qui ne reconnaît même pas un membre de l’Union européenne (Chypre) ? Comment accepter un État classé 149e sur 180 pour la liberté de presse par Reporters sans Frontières ? Pour moins que cela, Bruxelles a ouvert une procédure de « sauvegarde de l’État de droit et des valeurs européennes » à l’encontre du gouvernement polonais. Il faut dire que Varsovie (classée 18e sur 180 par Reporters sans Frontières) a eu la mauvaise idée de modifier le mode de nomination des présidents des chaînes de télé et radios publiques. Un crime aux yeux de Bruxelles. Pendant ce temps, Erdogan condamne des journalistes à la prison à vie sans que l’UE ne songe même à suspendre le versement des milliards au titre d’une candidature qui s’éternise et qui n’aboutira probablement jamais.

Cette situation absurde n’est pas propre au processus d’adhésion. Dès qu’il s’agit de la Turquie, l’argent des Européens coule à flot. Ainsi, en octobre 2015, Mme Merkel avait offert à la Turquie un chèque de 3 milliards d’euros afin qu’elle maintienne les migrants chez elle. Résultat : le nombre de migrants arrivés sur les côtes européennes a explosé. D’après l’Organisation internationale pour les migrants (OIM), 45 000 migrants sont arrivés en Grèce via la Turquie en janvier 2016, soit 21 fois plus que les 1 500 enregistrés en janvier 2015. Et c’est la Grèce qui est menacée de sanction par l’Europe. La Turquie s’empare du magot et c’est la Grèce qui se fait tancer. Dans l’histoire du crime, rarement un casse aura été mené avec autant de brio.

10 févr. 2016

Cécile Duflot ou la déchéance… de la politique, par Guy Konopnicki

Libérée du ministère du Logement, où son passage coïncide avec la régression des constructions sociales, Cécile Duflot s’efforce de passer pour la plus déterminée des opposantes de gauche. Redevenue députée de la sixième circonscription de Paris, obtenue en bataillant ferme rue de Solferino et non sur place, elle se sert de la tribune de l’Assemblée Nationale pour se refaire une image. En ces lieux chargés d’histoire, elle croit prononcer ce que l’on appelle un discours historique.

On aurait préféré l'humour à l'ignominie (© Yves Brette pour la photo, pas la légende)


8 févr. 2016

Israël n’a pas, depuis cinq décennies, compté d’ennemi aussi opiniâtre que la France, par Guy Millière

Depuis qu’il est ministre des Affaires Étrangères, Laurent Fabius a très rarement manqué une occasion de s’en prendre à Israël, et s’est montré d’une serviabilité extrême à l’égard de Mahmoud Abbas et de terroristes « palestiniens ».
 
Il n’a fait en cela que suivre une tradition établie depuis longtemps au Quai d’Orsay. Il l’a fait avec un zèle qui n’avait été surpassé que par des hommes tels que Roland Dumas, l’homme qui voit des influences juives perverses partout, et Michel Jobert, qui, en son temps, salivait à l’idée qu’Israël puisse être détruit.
 
Devant quitter très bientôt ses fonctions, Fabius ne pouvait faire autrement que s’en prendre à nouveau à Israël, et de manière convaincante.
 
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La France obséquieuse face à des assassins de femmes, de poètes et d’homosexuels
Les récentes mesures anti-israéliennes font-elles partie du contrat avec l’Iran ?
 
Il vient, on le sait, de proposer une reprise du « processus de paix », et, partant, des négociations. Il vient aussi d’indiquer comment s’achèveraient les négociations telles qu’il les conçoit : par la reconnaissance par la France d’un Etat palestinien délimité à l’Ouest par la ligne d’armistice israélo-jordanienne de 1949.
 
En émettant sa proposition de négociations, et en indiquant comment les négociations s’achèveraient, Laurent Fabius a fait preuve d’un esprit d’innovation indéniable : c’est sans doute la première fois dans l’histoire de pourparlers quels qu’ils soient, que celui qui les propose impose leur conclusion avant même que les parties ne se réunissent. 

Une tache de barbarie à la surface de la Terre, par Sami El Soudi

Il y a maintenant plusieurs années de cela, le magazine français Télérama, appartenant au groupe Le Monde, se moquait de la Ména parce qu’elle me comptait dans ses rangs et que j’étais un improbable "Palestinien pro-israélien !".
 
Le public a sans doute eu le temps de se demander, depuis, qui d’une terroriste de treize ans poignardant un Juif ou de Sari Nusseibeh, universitaire qui œuvre avec des Israéliens à la recherche d’une solution applicable du différend israélo-palestinien est le plus efficace pour faire avancer notre cause. Et qui, d’Ismaïl Hanya, dirigeant du Hamas, qui prône l’éradication de l’Etat hébreu et qui construit des chars d’assaut en bois, ou de Salam Fayyad, ex-Premier ministre de l’Autorité Palestinienne, qui a tenté de nous doter de structures et d’infrastructures étatiques en évitant la confrontation avec Israël, pose un réel problème politique pour la coalition Netanyahu. 
 
Je suis un Arabe et un Palestinien athée, né dans une famille sunnite. Mon père, qui se rendait à la mosquée plusieurs fois par jour, avait appris à ses enfants à respecter tout le monde, à commencer par les chrétiens et les Juifs, à ne pas avoir de préjugés basés sur l’origine des personnes, à prendre le temps de discerner nos objectifs personnels ainsi que la manière de les atteindre, et à bien réfléchir avant de nous exprimer.
 
C’est l’héritage précieux qu’il nous a légué. J’ai tourné le dos depuis longtemps à la religion mais je sais qu’il existe des dizaines de millions de mahométans paisibles qui ne demandent qu’à vivre leur vie en laissant les autres poursuivre la leur. Je connais personnellement aussi des dizaines d’agnostiques arabes, et je crois qu’il en existe quelques millions parmi le milliard et demi de musulmans vivant actuellement sur Terre. Ils sont contraints de dissimuler leurs opinions car ils vivent au sein d’une culture dans laquelle il est interdit de ne pas croire.
 
Ces hommes dont la tête a été recouverte d’un sac en papier
vont être exécutés sans jugement en pleine rue à Gaza
Ils sont soupçonnés d’avoir communiqué avec l’ennemi
 
Depuis l’éclatement de l’Intifada des couteaux, je traverse une déprime intellectuelle profonde.

3 févr. 2016

Les néo-réacs ont-ils gagné ? par Slobodan Despot

Les « néo-réactionnaires » n’ont pas gagné la bataille des idées, car l’équipe en question ne participait pas au championnat. Elle n’a même pas de maillot commun. Qui en est, qui n’en est pas ? Les néo-réacs viennent-ils de la gauche populaire athée comme Onfray, de la gauche intello-dandy-gay comme Renaud Camus ou de la vieille droite catholique comme de Villiers ? Peuvent-il se réclamer à la fois de Céline et de Vallès, d’Orwell et de Nietzsche ?
Happy Birthday, George Orwell !
Peuvent-ils être francs-maçons ? Quel est le dénominateur commun d’un Finkielkraut, d’un Michéa, d’une Elisabeth Lévy et d’un Houellebecq, sinon le talent et le cœur qu’ils mettent à ce qu’ils font ? Est-ce une affaire de tempérament polémique et de recul sceptique, mâtiné d’amour de la langue ? Auquel cas, le « néo-réac » n’est rien d’autre que l’honnête homme au sens classique du mot et cette distinction remplace avec grâce les palmes académiques dévaluées qu’on décerne à tant de cuistres obscurs.

Le délit d’antisionisme, crime contre l’humanité ? par Claude Berger

Claude Berger est l'auteur de « Pourquoi l’antisémitisme », « En finir avec le salariat » et « Itinéraire d’un Juif du siècle » (Aux Editions de Paris) 

Manuel Valls, le Premier ministre français, s’efforce de rassurer la communauté juive et ceux qui, en dehors d’elle, s’inquiètent de la banalisation de l’antisémitisme et de l’augmentation des agressions antijuives. Mais le Premier ministre n’a pas vu que la donne a changé : si l’antisémitisme identitaire se conjuguait jusqu’ici avec l’islamisme, l’islamo-gauchisme et le vieux tiers-mondisme pour nourrir l’antisionisme, c’est désormais la diabolisation d’Israël et l’antisionisme qui nourrissent l’antisémitisme, faisant des Juifs des représentants d’un pays étranger, voire « illégitime », qui n’auraient pas leur place ici.
 
A tel point qu’il devient méritoire d’afficher en public une simple évocation positive d’Israël, un pays confronté à l’islamisme depuis l’origine de son existence. Alors qu’auparavant, après la Shoah et la culpabilisation des propos antisémites, on a évolué inconsciemment de peuple de trop à pays de trop pour condamner Israël ; on passe désormais de pays de trop à peuple de trop pour ostraciser les Juifs. Ce n’est pas tant le nombre des attentats et d’actes antisémites commis en France qui mine les Israélites de l’Hexagone, que ce sentiment d’une nouvelle exclusion qui les met en porte-à-faux et les pousse à partir.