26 janv. 2016

Quand la télé invite les ennemis de la République, par Isabelle Kersimon

La société du spectacle si bien analysée par Guy Debord est une ogresse qui se nourrit infiniment d'elle-même. Depuis quelques années, elle développe avidement ce qu'elle nomme «clash». Cela consiste à célébrer ce que la démocratie enfante de pire: la négation absolue de la pensée et du débat. Constatant que les plus grosses audiences des réseaux vidéo tels que Youtube se partagent le marché juteux des arènes infamantes et des conseils cosmétiques pour adulescentes écervelés, les chaînes de télévision classiques ont emboîté le pas, s'autocaricaturant jusqu'à l'absurde dans l'infotainment.