3 févr. 2016

Les néo-réacs ont-ils gagné ? par Slobodan Despot

Les « néo-réactionnaires » n’ont pas gagné la bataille des idées, car l’équipe en question ne participait pas au championnat. Elle n’a même pas de maillot commun. Qui en est, qui n’en est pas ? Les néo-réacs viennent-ils de la gauche populaire athée comme Onfray, de la gauche intello-dandy-gay comme Renaud Camus ou de la vieille droite catholique comme de Villiers ? Peuvent-il se réclamer à la fois de Céline et de Vallès, d’Orwell et de Nietzsche ?
Happy Birthday, George Orwell !
Peuvent-ils être francs-maçons ? Quel est le dénominateur commun d’un Finkielkraut, d’un Michéa, d’une Elisabeth Lévy et d’un Houellebecq, sinon le talent et le cœur qu’ils mettent à ce qu’ils font ? Est-ce une affaire de tempérament polémique et de recul sceptique, mâtiné d’amour de la langue ? Auquel cas, le « néo-réac » n’est rien d’autre que l’honnête homme au sens classique du mot et cette distinction remplace avec grâce les palmes académiques dévaluées qu’on décerne à tant de cuistres obscurs.

Le délit d’antisionisme, crime contre l’humanité ? par Claude Berger

Claude Berger est l'auteur de « Pourquoi l’antisémitisme », « En finir avec le salariat » et « Itinéraire d’un Juif du siècle » (Aux Editions de Paris) 

Manuel Valls, le Premier ministre français, s’efforce de rassurer la communauté juive et ceux qui, en dehors d’elle, s’inquiètent de la banalisation de l’antisémitisme et de l’augmentation des agressions antijuives. Mais le Premier ministre n’a pas vu que la donne a changé : si l’antisémitisme identitaire se conjuguait jusqu’ici avec l’islamisme, l’islamo-gauchisme et le vieux tiers-mondisme pour nourrir l’antisionisme, c’est désormais la diabolisation d’Israël et l’antisionisme qui nourrissent l’antisémitisme, faisant des Juifs des représentants d’un pays étranger, voire « illégitime », qui n’auraient pas leur place ici.
 
A tel point qu’il devient méritoire d’afficher en public une simple évocation positive d’Israël, un pays confronté à l’islamisme depuis l’origine de son existence. Alors qu’auparavant, après la Shoah et la culpabilisation des propos antisémites, on a évolué inconsciemment de peuple de trop à pays de trop pour condamner Israël ; on passe désormais de pays de trop à peuple de trop pour ostraciser les Juifs. Ce n’est pas tant le nombre des attentats et d’actes antisémites commis en France qui mine les Israélites de l’Hexagone, que ce sentiment d’une nouvelle exclusion qui les met en porte-à-faux et les pousse à partir.