1 mai 2016

Une autre lecture de la décision de l'UNESCO sur la "Palestine occupée", par Jean-Pierre Bensimon

L'adoption de la "décision" du Conseil exécutif de l'UNESCO du 15 avril dernier a provoqué beaucoup d'émotion parmi les soutiens juifs d'Israël, d'autant qu'à la différence de plusieurs grands pays occidentaux, la France (1) a voté en sa faveur.


Ces soutiens ont retenu avant tout le négationnisme qui sous-tend en filigrane le texte de cette décision, d'un bout à l'autre. En effet, des noms arabes y sont attribués à tous les lieux hautement symboliques de la tradition juive (le Mont du Temple, le Caveau des Patriarches, la tombe de Rachel, etc.) et il n'est fait mention nulle part d'un lien antique des Juifs avec Jérusalem ou avec la "Terre d'Israël."
Le Kotel, lieu saint musulman par la grâce de l'Unesco, pour le plus grand plaisir du peuple inventé en 1964
Le texte de la décision du 15 avril a été rédigé par les experts de l'Autorité palestinienne et il a été présenté à l'UNESCO par six pays, tous arabo-musulmans à l'exception du Liban. (2) Les soutiens juifs d'Israël ne doivent pas attendre que les Palestiniens, les grands experts contemporains de la guerre idéologique, diplomatique et juridique, leur fassent le cadeau de se préoccuper de la vérité ou même de la vraisemblance quand ils rédigent leurs libelles. Ils ne doivent pas attendre de leurs ennemis implacables, ni de leurs faux amis, la reconnaissance loyale de leur identité et de leurs droits. Quand très justement Benjamin Netanyahou demande en préalable aux Palestiniens de reconnaître Israël comme l'État du peuple juif, il les met au pied du mur. Il les oblige en creux à avouer par leur refus qu'ils visent exclusivement la disparition de l'État juif de la région et non une quelconque coexistence. 

Qui mettra un terme à la mascarade absurde de Nuit Debout ? par Jérôme Godefroy

Une vingtaine de jours d’observation personnelle et directe de ce happening répétitif me conduit à une seule conclusion : la plaisanterie, sympathique au début, a assez duré.

Je ne suis pas académicien philosophe et personne ne m’a craché au visage. Je ne suis pas un ancien ministre grec et personne ne m’a ovationné. Pourtant, depuis plus de trois semaines que je parcours le dallage minéral de la Place de la République à Paris, je prétends connaître assez bien cette agora transformée en gros foutoir par la grâce d’une irruption de colère, avec le concours d’un gouvernement mort de trouille et de journalistes indulgents, trop contents d’avoir trouvé un sujet de reportage pas cher et accessible en métro.

Les interventions illégales de l'Union européenne en zone de souveraineté israélienne confinent au saccage, par Hillel Frisch

" L'initiative française " est entrée dans l'actualité avec l'annonce de la réunion à Paris d'une conférence préparatoire le 30 mai. La démarche de la France consiste à bâtir une vaste coalition internationale pour imposer à Israël les exigences palestiniennes, quitte à provoquer la déstabilisation du dernier ilot de démocratie, d'ordre, de créativité et de prospérité au Moyen-Orient. Malheureusement, la France et l'Union européenne qui lui sert en l'occurrence de faux-nez, n'en sont pas à leur coup d'essai. Depuis une décennie, elles poursuivent sur le terrain une politique de construction forcenée d'habitations illégales, visant à modifier la composition démographique de la zone C en piétinant la souveraineté d'Israël dévolue par le traité Oslo II de 1995. Les Palestiniens transplantés subissent directement les dégâts de cette intrusion violente et dommageable. (NdT)
Tout le monde en conviendra, la connaissance de l'abécédaire est indispensable pour maîtriser la lecture, l'accès incontournable à la littérature et à la culture occidentale.

De même, comprendre les différences entre les zones A, B et C en Judée et en Samarie et leurs implications, est indispensable pour analyser les événements politiques et les flambées de violence qui affectent presque quotidiennement beaucoup d'entre nous.

Le vote de l’UNESCO : un événement total, par Shmuel Trigano

De la même façon que le sociologue Marcel Mauss parlait d’un « fait social total », le vote récent de l’UNESCO est un « événement total », c’est à dire une manifestation de la réalité  dans laquelle se retrouveraient toutes les strates de la socialité et se miroiteraient de multiples perspectives (politique, religieuse, économique, juridique…). Comme si la situation globale se donnait à lire dans un événement singulier.

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1. Le fait le plus puissant et le plus « irradiant » que cet événement donne à voir concerne la condition juive. Le verdict de ce tribunal inique prétend annuler, par la force de son verbe, 30 siècles d’histoire juive, qu’il réécrit entièrement à l’avantage de la vision ethnocentrique de l’islam[2], au déni -- faut-il le rajouter -- de l’histoire chrétienne de l’Occident. Le récit de la réalité historique et politique qu’il tente d’imposer dénie aux Juifs leurs droits religieux les plus fondamentaux et implique que les assertions du judaïsme quant aux lieux et au contenu de son histoire ne sont que des mensonges. C’est une agression symbolique de la personne juive dans toutes ses dimensions, une délégitimation qui porte en puissance une violence totale à son égard. Elle ne vise pas seulement la sécurité des Juifs : elle concerne l’essence de l’existence juive.