10 mai 2016

Une initiative abracadabrantesque, par Jean-Pierre Bensimon

La France vient de lancer un plan pour résoudre le conflit israélo-palestinien dont il est impossible de comprendre la logique si l'on ne prend pas en compte la préparation de la présidentielle de 2017.
Sa Suffisance le Quai d'Orsay
Lors de ses vœux au corps diplomatique, le 29 janvier, Laurent Fabius avait évoqué une initiative française pour "faire aboutir, si c'est possible, une solution à deux états." Il s'agissait dans son esprit de réunir une vaste conférence internationale à Paris, le projet étant bien entendu endossé par François Hollande. En cas d'échec la France reconnaîtrait l'état de Palestine. La proposition revient en gros à la création d'un état palestinien suite à une conférence imposant le retrait d'Israël sur les lignes de 1967, c'est-à-dire l'évacuation de la Judée et de la Samarie et la division de Jérusalem.

Mardi dernier, le 16 février, l'initiative franchissait une étape décisive. Un diplomate, Patrick Maisonnave, était dépêché à Jérusalem pour la présenter aux responsables israéliens. En même temps, vingt ambassadeurs étaient envoyés avec le plan à Londres, Berlin, Moscou, dans toute l'Europe, aux États-Unis et dans de nombreux pays arabes. Ramallah avait eu droit quelques jours avant à la primeur du plan.