24 oct. 2016

Police, école, hôpitaux: les institutions mises à sac, par Eloïse Leneslay

Jeudi soir, ils sillonnaient Paname pour la quatrième nuit consécutive, mais aussi Marseille, Lyon, Bordeaux, Nice, Toulouse. Bravant les consternantes menaces de sanctions de leur directeur général Jean-Marc Falcone, dont ils réclament dans la foulée la démission, les policiers sont de plus en plus déterminés à faire connaître leur ras le bol.  De la haine anti-flic, du laxisme judiciaire, du manque de moyens, des agressions à répétition dont ils sont la cible : 32'964 actes de « violences à dépositaires de l’autorité » signalés en 2015.


Partout, ils ont été acclamés par des applaudissements de riverains et des klaxons d’automobilistes. Sauf sur les Champs-Elysées, où ils furent hués, mercredi, par un groupe de racailles désireuses de « niquer la police ». Ce même jour, à Vénissieux, des officiers de la DST et de la BAC venus arrêter un dealer essuyaient des jets de pavés, de boules de pétanque et de cocktails Molotov, l’arme suprême des émeutiers. Celle qui avait déjà servi au Val-Fourré de Mantes-la-Jolie puis à la tristement célèbre Grande Borne, dans l’Essonne, cette interminable étendue de barres HLM qui serpentent à la lisière de Viry-Châtillon et Grigny. Une souricière à taille inhumaine de 3'685 logements qui semble avoir été bâtie pour la délinquance ; une cité dans la cité, dont il est difficile de s’extirper une fois piégé à l’intérieur. Il y a trente ans déjà, elle était un vivier de « sauvageons ». Elle a vu grandir des Amedy Coulibaly. Aujourd’hui, les forces de l’ordre n’osent plus guère s’y aventurer, les voyous prospèrent, les locataires subissent. Aucun homme politique n’enverrait ses propres enfants vivre dans un endroit pareil.

Qui a eu cette idée folle d’assassiner l’école ? par Régis Soubrouillard

C’est l’histoire d’une croisade. Une croisade menée par des idéologues contre l’idée que la mission de l’école serait d’abord d’instruire,  d’apprendre à lire, écrire et penser. Affligée par les méthodes de lecture infligées à ses propres enfants, Carole Barjon, journaliste politique à L’Obs, a cherché à connaître les responsables de ce désastre scolaire. Une enquête sur « les assassins de l’école » et un pamphlet sans concession contre les « pédagogistes ». L’attaque est d’autant plus inattendue qu’elle vient du camp progressiste : les journalistes sont aussi des parents d’élèves, pour lesquels la confrontation avec la réalité dépasse parfois l’idéologie.
Une des brillantes (et nombreuses) idées des pédagogos.

Les pédagos ont fait main basse sur le ministère

Peut-on faire aimer la France à ses élèves ? par Thomas Clavel

Cachez ces sentiments que je ne saurais voir.

lavisse élémentaire guerre cent ans
Un professeur d’histoire a-t-il pour vocation de faire aimer la France ou bien de préserver ses élèves d’un patriotisme suspect et contraire à l’esprit critique ? A-t-il pour mission de raviver les braises de l’épopée nationale ou celle d’en déconstruire la mythologie ? La question semble binaire. Comme si la transmission de l’amour de son pays et la recherche de la vérité historique s’excluaient nécessairement. Pourtant, c’est en ces termes qu’elle a été posée par deux professeurs d’Histoire-géographie d’un collège de Trappes. Et facilement tranchée.