27 nov. 2016

La situation est gravissime, par Jean-Pierre Lledo

Plus de 600 feux s’allument en Israël, en quelques jours. Il est vrai que cette année est anormalement sèche. Fin novembre, presque pas de pluie, et des vents très forts. Donc des conditions propices à l’incendie. Mais un feu sélectif attiré par les zones principalement juives ? Pas d’incendie à Hébron, ni à Naplouse, ni à Ramallah, ni à Rahat, ni à Bethléem, ni dans tous les villages arabes de Galilée ? Le vent serait-il devenu lui aussi judéophobe ? Ou serait-ce plutôt une nouvelle punition divine de YHWH, ce terrible dieu juif qui se distingue des autres pour être plus sévère avec les siens ?
Trêve de plaisanterie ! La situation est gravissime. 
 
Pompiers épuisés à Haïfa

Non pas tant à cause du fait lui-même, des ravages matériels, des vies mises en danger, et de toute une vie spirituelle des habitants partie en fumée en quelques minutes… Que par la signification politique et symbolique de cet événement… Que plus encore par les réactions des divers acteurs politiques, mais aussi populaires, la vox populi s’exprimant désormais dans le veule anonymat des dits  ‘‘réseaux sociaux’’, nouvelle incarnation de l’instinct pogromique en milieux… arabes. 

« Israël brûle », l’invention du crime métaphysique, par Shmuel Trigano

Un événement d’une extrême gravité se produit en ce moment même en Israël. Les incendies qui ravagent le territoire au nord et au centre sont pour une grande part, selon la police, allumés de façon criminelle et, dit-elle de façon « politiquement correcte », en fonction d’« un arrière-plan nationaliste ». En l’occurrence, ces « nationalistes » -- citoyens d’Israël représentés à la Knesset et à la Cour suprême, présents dans toutes les strates de la société -- profitent de vents violents et d’une grande sécheresse dans la nature pour allumer des incendies qui, de ce fait, se propagent en même temps sur de nombreux théâtres du pays. 70 000 personnes ont été évacuées hier d’une grande ville comme Haïfa où des immeubles urbains ont été la proie des incendies.
Le nouveau héros falastinien. On a les héros qu'on mérite.
« Nationalistes » ? J’y vois pour ma part un crime d’un genre nouveau, un crime métaphysique. A défaut d’abattre des Juifs au couteau ou à la voiture bélier, ces criminels s’attaquent à la Terre d’Israël (qui n’est pas la Palestine). Ils s’attaquent à la nature d’Israël, cette nature si chèrement revivifiée par l’effort des pionniers du sionisme contre le désert en lequel la Terre d’Israël fut transformée par ses envahisseurs successifs. A défaut de s’attaquer aux hommes, ils s’attaquent à la Terre -- innocente, elle, au regard des conflits humains --, montrant l’ampleur de leur ressentiment : à défaut d’éliminer la présence juive, éliminer la terre sous ses pieds, même si cette élimination les endommage eux-mêmes qui convoitent cette terre. Cette haine n’a rien à voir avec une pseudo-occupation car ici nous sommes en territoire « israélien », mais qui, aux yeux mêmes de ces citoyens arabes d’Israël, est « occupé » par les Juifs alors qu’il est la propriété de la « oumma ».