15 déc. 2016

Les vrais ennemis de l'Occident, par Alexandre del Valle

Dans son dernier ouvrage, " Les vrais ennemis de l'Occident " (L'Artilleur), Alexandre Del Valle, affirme que si l’Occident s’est révélé incapable de combattre l'islamisme, son "vrai ennemi" extérieur et intérieur, cela n'a pas été le fruit d'une naïveté ou de la seule culpabilisation post-coloniale, mais découle d'erreurs stratégiques et de considérations économicistes qui ont abouti à des choix d'alliances "contre nature" ou "contre civilisationnelles". 
 
Atlantico : Pourquoi avez-vous choisi le terme assez direct et controversé, d'ennemi ?
Alexandre Del Valle : Premièrement, parce que la désignation des Amis (au sens d'alliés ayant des intérêts convergents) et des Ennemis (qui nous menacent dans notre existence et dans nos intérêts vitaux) est fondamentale en politique et en géopolitique. Deuxièmement en référence à Karl Popper, à qui je dédie cet ouvrage, le grand épistémologue et politologue qui, comme Raymond Aron, définissait la "société ouverte" -- pluraliste et démocratique qui est la nôtre -- comme l'exact contraire de la société totalitaire. Toutefois, on constate depuis des décennies que les termes de "sociétés ouvertes", de pluralisme et de tolérance sont très souvent instrumentalisés par ceux qui sapent la cohésion et la survie mêmes de nos sociétés, à commencer par George Soros et son ONG Open Society Institute, qui ne cesse de prétendre que les "vrais ennemis" de l'Occident seraient, d'une part, sur le plan extérieur, la Russie (et ses alliés) et, d'autre part, sur plan intérieur, les adeptes d'idées patriotiques et identitaires, les "populistes" réduits ad hitlerum, dont le tort suprême ne serait pas d'être des "fascistes" réels mais tout simplement des opposants au projet utopique de société "sans frontières". 

Limiter la casse au Moyen-Orient, par Daniel Pipes


Dans les 177 ambassades étrangères que compte la ville de Washington, on tente assurément de lire dans le marc de café en se demandant à quoi pourra bien ressembler la politique étrangère du président élu Donald Trump. Or, les incohérences et les contradictions de ce dernier rendent toute prévision en la matière impossible. C'est pour cette raison qu'en lieu et place de spéculations, je vais me limiter aux priorités qui devront être celles de la politique américaine dans une région particulière, le Moyen-Orient. Je commencerai par définir les lignes directrices avant de parler de points plus spécifiques.

L'accord sur le nucléaire iranien est-il la plus grande absurdité diplomatique de l'histoire ?
Étant donné qu'il s'agit sur le long terme de la zone la plus instable au monde, l'objectif sera modeste : limiter la casse et éviter les désastres. Les deux derniers présidents n'y sont pas parvenus. Ils ont même fait tout le contraire. George W. Bush a essayé d'en faire trop au Moyen-Orient : on se souvient de sa volonté de construire un pays en Afghanistan, d'apporter la liberté et la prospérité en Irak, d'établir la démocratie en Égypte et de résoudre le conflit israélo-arabe. Toutes ces initiatives ont fini en autant d'échecs cuisants. En réaction à « l'outrance impérialiste » de Bush, Barack Obama a fait l'inverse, décidant d'un retrait prématuré de différents conflits, traçant des lignes rouges qu'il abandonnera par la suite, proclamant un imaginaire « pivot vers l'Asie » et donnant pratiquement carte blanche aux ambitions du Kremlin.

L'Europe Poursuit en Justice les Critiques de l'Islam, par Giulio Meotti

Après la Seconde Guerre mondiale, après les horreurs du nazisme et du stalinisme, les démocraties occidentales ont érigé en principe de juger les personnes, mais de laisser libres les idées et les opinions. L'Europe confère aujourd'hui, à de dangereux militants des « droits de l'homme » et aux islamistes, le droit d'utiliser les tribunaux pour resserrer les limites de la liberté d'expression, exactement comme le faisaient les grands procès soviétiques. « L'antiracisme militant sera le communisme du 21e siècle » prédisait le philosophe et académicien français, Alain Finkielkraut.

Gauche: l'écrivain Salman Rushdie. Droite: le député néerlandais Geert Wilders.
Il y a un an, Christoph Biró, chroniqueur respecté et rédacteur en chef du plus grand journal autrichien, Kronen Zeitung, a mis en cause « les jeunes Syriens bourrés de testostérone qui se livrent à des agressions sexuelles extrêmement violentes » (et ce avant même, les agressions sexuelles de masse du Nouvel an à Cologne, Hambourg et d'autres villes). L'article a suscité la controverse, et un déluge de plaintes et de protestations. Biró a dû prendre quatre semaines de congé à la suite de ces attaques et, (sous la pression), a admis plus tard qu'il avait « perdu le sens de la mesure ». Le parquet de Graz a récemment mis Biró en examen pour « discours de haine » en raison d'une plainte déposée par un soi-disant organisation des droits de l'homme, SOS Mitmensch. L'affaire sera jugée prochainement.