19 déc. 2016

Pourquoi Trump dérange, par Caroline Galactéros

Le pragmatisme du futur président américain modifie la donne stratégique mondiale. Sous le couvert de l'indignation, la France et l'Europe choisissent l'immobilisme.

Le scandale de la guerre – celui de la mort, du sort injuste qui invariablement frappe les innocents de tous bords, pris en tenailles entre des ambitions et des volontés qui les dépassent, les oublient et/ou les utilisent -– envahit les consciences et les cœurs. On songe à Alep bien sûr, mais aussi à Mossoul, Raqqa, Idlib, al Bâb, Palmyre, pour ne parler que des principaux points de focalisation de l'attention médiatique occidentale et de la désinformation massive qui brouille notre jugement. Car nos indignations sont étrangement sélectives et l'on « oublie » de poser certaines questions embarrassantes.
Si l'on s'attachait à les creuser, on verrait apparaître une vérité plus crue encore. Par exemple, comment est-il possible que la reprise de la ville de Palmyre par 5'000 djihadistes de l'État islamique –- dont certains venus de Mossoul par un corridor ouvert par la coalition -– dotés de nombreux chars et matériels militaires ait été soudainement possible, considérant l'ampleur des moyens de surveillance et de renseignement occidentaux sur zone, et alors que « Daech est notre ennemi numéro un » ? Comment ne pas remarquer que la coalition a cessé ses frappes sur Raqqa cette semaine et suspendu l'assaut sur la ville prévu par les FDS (Forces démocratiques syriennes) qu'elle soutient ?...
 
Publicité pour un site d'information au Monténégro (Stevo Vasiljevic/Reuters)
L'entêtement de l'Europe
Quoi qu'il en soit, si l'on change notre loupe contre une longue vue, on voit un autre scandale plus sidérant encore : le scandale de l'incompréhensible et suicidaire entêtement de l'Europe –- et plus particulièrement de la France -– à refuser l'évidence : le bouleversement en cours de la donne stratégique mondiale est massif, décisif pour notre avenir…, mais il nous révolte au lieu de nous réjouir. Nous refusons d'y croire.

Médias : Chasse en Meute et Aveuglement, par Yves Mamou

Comment rater le Brexit et Trump en cinq leçons
Quelque chose ne va plus avec les médias – et ce, à l'échelle internationale. En Grande-Bretagne, les médias ont été incapables de prêter l'oreille aux Britanniques qui réclamaient un « Brexit ». Aux Etats-Unis, ils ont refusé de prêter l'oreille aux Américains qui ont opté Trump. Et en France, ils ont été incapables de prédire la victoire « inattendue » de François Fillon, vainqueur haut la main des primaires de la droite.

... de même que la nocivité de la presse propagandiste. 
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En Angleterre et aux Etats-Unis, les médias et les journalistes ont stigmatisé et porté des jugements de valeur sur la majorité de la population - ceux qui voulaient Brexit, ou Trump – au point de les traiter parfois, d'idiots et de racistes.

La colombe n’est pas près de voler au-dessus de Jérusalem, par Oudy Bloch

Le 24 novembre 2016, la DGCCRF (sous l’autorité directe du ministère de l’Economie et des Finances) publiait un « Avis aux opérateurs économiques relatif à l’indication de l’origine des marchandises issues des territoires occupés par Israël depuis juin 1967 » reprenant à son compte la notice interprétative de la Commission européenne datée d’un an plus tôt. Il s’agissait avant tout d’une mesure « technique » visant à informer les consommateurs européens. D’aucuns auraient souligné le caractère idéologique de la « mesure technique » mais ce ne serait pas très politiquement correct.

Aujourd'hui, non seulement les Juifs ne se cachent plus, mais en plus ils sont fiers. Mais où va-t-on ?
En effet, la « communication interprétative » de la Commission européenne commence par rappeler que « l’Union européenne ne reconnaît pas la souveraineté d’Israël sur les territoi­res qu’il occupe depuis le mois de juin 1967, à savoir le plateau du Golan, la bande de Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, et ne considère pas que ceux-ci font partie du territoire d’Israël » et précise que les produits issus des « colonies de peuplement » devront être estampillés « produit originaire du plateau du Golan » ou « produit originaire de Cisjordanie » avec en plus la mention « colonie israélienne ».