15 févr. 2017

Donald Trump et le monde : le vertige d’une Europe en mal d’Amérique, par Caroline Galactéros

Difficile de ne pas faire un parallèle entre l’aveuglement des élites d’outre-Atlantique et le refus d’obstacle manifeste du monde médiatico-politique français qui a déclenché l’actuelle curée contre le candidat de la droite et du centre
Parfois, zappant désespérément d’une chaîne française à une américaine, on perd l’équilibre, pris d’un rire nerveux proche des larmes devant le caractère tragi-comique des images qui défilent. Que penser en effet, il y a quelques semaines, des manifestations monstres de femmes américaines (et européennes), coiffées de bonnets roses à oreilles félines -- jouant lourdement sur le double sens du terme « pussy » -- qui défilaient pour assurer le nouveau président américain que ses plaisanteries salaces et machistes lui vaudraient leur haine éternelle et leur vigilance indignée ? Le respect du sexe faible, mais surtout celui de la sacro-sainte «diversité» américaine qui a fait, il est vrai, ce grand pays -- et aussi la fortune électorale des élites démocrates devenues ses porte-paroles --, voilà manifestement l’essentiel pour cette population américaine dans sa frange « boboïsée », qui feint d’oublier la brutalité d’un système américain pourtant impitoyable pour les faibles et n’en revient toujours pas de voir à la Maison-Blanche un homme qui méprise ouvertement ses micro-revendications sociétales, veut dépasser le communautarisme fétichisé des Américains pour retrouver le peuple d’Amérique et le remettre au centre du monde. A sa manière certes : radicale, brutale, « cash ». En appelant un chat un chat et sans tourner autour du pot ni proclamer des « valeurs universelles » moins partagées que jamais, mais « en faisant des deals ». En regardant le monde non comme un jardin de roses, mais comme un champ de forces. Ce qu’il est.