16 févr. 2017

Quand les Etats-Unis ou la Russie tuent des civils, l’indignation est à géométrie variable, par Caroline Galactéros

Des chasseurs-bombardiers russes Su-34 et américains F-16.
Le site AirWars publie un article au titre révélateur : «For first time, Coalition now killing more civilians than Russia» (Pour la première fois, la Coalition tue plus de civils que la Russie). Ainsi, «les chercheurs de Airwars ont dénombré en janvier 95 événements auxquels la Coalition internationale [largement dominée par les Etats-Unis] a participé et qui ont fait des victimes civiles» alors que «dans le même temps, 57 événements similaires concernant les Russes ont été répertoriés». Airwars note qu’il s’agit-là d’un tournant dans cette vaste guerre qui s’étend en Irak et en Syrie : jusqu’à présent, il était estimé que les Russes et l’Armée du régime syrien causaient davantage de morts que la Coalition (dans une proportion ¼ contre ¾). Ce mois de janvier semble marquer une inversion de la tendance : alors que la bataille d’Alep s’est terminée, que des cessez-le-feu locaux apparaissent en Syrie et qu’une coordination opérationnelle (encore imparfaite) prend forme entre la Russie et la Turquie, les frappes russes contre des cibles où peuvent être présents des civils sont beaucoup moins nombreuses. En revanche, la Coalition est en pleine de bataille de Mossoul avec les conséquences humanitaires inévitables d’une guerre urbaine : le nombre de victimes civiles augmente mécaniquement.

La défaite des Palestiniens serait une bonne chose pour tout le monde, par Daniel Pipes

Le 21 décembre dernier, le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a été photographié alors qu'il tenait à la main un exemplaire du livre de John David Lewis, intitulé Nothing Less than Victory: Decisive Wars and Lessons of History [Rien d'autre que la victoire : les guerres décisives et les leçons de l'histoire] (Princeton University Press, 2010). Dans cet ouvrage, Lewis analyse six études de cas pour lesquelles il établit à chaque fois que « le cours de la guerre change une fois qu'un camp a fait l'expérience de la défaite et que son esprit de persévérance s'est, non pas renforcé, mais effondré. »

Netanyahou tenant à la main le livre de John David Lewis, Nothing Less than Victory.

Le fait que Netanyahou se mette peu ou prou à raisonner de cette façon, est particulièrement encourageant en ces temps d'incertitude où des États arabes sont focalisés comme jamais sur une menace autre qu'Israël (à savoir l'Iran), où Obama laisse tomber Israël au Conseil de sécurité des Nations unies et où des courants politiques rebelles agitent l'Occident. En d'autres termes, le moment est tout à fait bien choisi pour appliquer le raisonnement de Lewis aux Palestiniens. En fait, pendant les 45 premières années de son existence, Israël a réussi à développer une stratégie consistant à imposer à ses ennemis le sentiment de la défaite. Dès lors, l'application du raisonnement de Lewis ne serait qu'un retour aux anciennes pratiques.