21 mars 2017

Macron, un danger pour la République ? par Régis de Castelnau

Pour avoir bien connu toutes les élections présidentielles au suffrage universel depuis 1965, je reste sidéré au spectacle de cette campagne.

Malgré la catastrophe politique du quinquennat Hollande, le traumatisme de l’agression terroriste, une situation économique terriblement dégradée et l’attitude d’élites déshonorées arc-boutées sur leurs privilèges, le peuple français a été d’un calme étonnant dans l’attente de l’échéance majeure. Pas sûr qu’il le reste devant une telle confiscation du scrutin, à base de manipulations, d’instrumentalisations des services de l’État, et de propagande éhontée d’un appareil médiatique qui fait bloc. Pas sûr que le peuple reste de marbre face à la mobilisation acharnée de la caste, illustrée par la litanie des ralliements à Macron, et celle des traîtres qui avaient abandonné Fillon. Tout doit être fait pour envoyer le télévangéliste à une deuxième place au premier tour qui lui ouvrirait le second contre Marine Le Pen. Et là, utiliser l’argument du barrage, le vieux « No pasaran » employé contre le FN depuis trente ans avec le succès que l’on connaît.

Le programme du ballon rose :

je veux être président, je vous ai compris et je vous aime

Ne pas reproduire le piège de 2002

 

Et pourtant, comment ne pas partager l’opinion de Frédéric Lordon, ou de Jacques Rancière quand il dit : « Si Marine Le Pen devait l’emporter, ça ne serait pas gai, bien sûr. Mais il faut en tirer les bonnes conclusions. La solution est de lutter contre le système qui produit Marine Le Pen, non de croire qu’on va sauver la démocratie en votant pour le premier corrompu venu. J’ai toujours en tête ce slogan de 2002 : « votez escroc pas facho ». Choisir l’escroc pour éviter le facho c’est mériter l’un et l’autre et se préparer à avoir les deux ».

Le pire étant d’être contraint maintenant de se poser la question de savoir entre les deux probables qualifiés du second tour qui est le plus dangereux. Et malheureusement, force est de reconnaître qu’Emmanuel Macron décroche la timbale.

Pourquoi François Fillon doit faire une campagne conservatrice, par François Martin

Les électeurs de la prochaine présidentielle sont manipulés. C’est ce qu’affirme le conseiller régional d’Île de France, Franck Margain dans un remarquable article. L’une des raisons inavouées de ces incessantes attaques, réservées uniquement au candidat Fillon, pourrait bien être le fait que les chrétiens, pour la première fois depuis longtemps, osent exprimer avec force leur choix, alors qu’ils avaient, rappelle Franck Margain, « déserté la vie politique depuis plusieurs dizaines d’années ». Un retour « insupportable pour l’establishment ».

Conservateurs contre progressistes

 

On peut prolonger cette réflexion. La manipulation n’est, en effet, pas récente. Elle est même aussi ancienne que la présentation du clivage gauche/droite comme le principe de structuration de la vie politique française. La véritable différenciation, et c’est aujourd’hui parfaitement manifeste, est celle qui oppose conservateurs et progressistes ou, comme le dit le Front national, patriotes et mondialistes, même si cette dernière dénomination ne reflète pas entièrement le concept. C’est en tout cas au travers de ce prisme qu’il faut lire les événements de ces dernières semaines, pour mieux comprendre ce qui se passe. Dans cette affaire, les chrétiens jouent bien un rôle essentiel.

Nous le savons aujourd’hui, c’est la droite qui porte, majoritairement, la philosophie conservatrice. La gauche, depuis Rousseau, et plus encore depuis 68, est majoritairement progressiste. Les peuples ont « décodé » depuis longtemps ce qui se cache derrière ce concept : une idéologie pour les riches et pour les lobbies, où le mot « socialisme » a depuis longtemps perdu tout sens, pour n’être plus qu’un alibi au service d’une classe (l’« hyperclasse », de Jacques Attali). Sur le plan social, la gauche progressiste a perdu les pauvres, et elle se sert (depuis Mitterrand) des populations des banlieues comme de « pauvres supplétifs ». Un subterfuge, théorisé ensuite par Terra Nova, qui a entraîné notre pays dans une course folle à l’ouverture des frontières, au laxisme sécuritaire et au multiculturalisme. 

Vive tension militaire entre Israël et la Russie, par Stéphane Juffa

Rien ne colle au sujet des divers narratifs ayant suivi les raids aériens conduits en Syrie par le Khe’l Avir dans la nuit de jeudi à vendredi derniers. De plus, la situation ne cessant de s’envenimer depuis lors, et les déclarations bellicistes faisant florès, cela amène les experts en stratégie de la Ména à faire des heures supplémentaires afin d’essayer d’y voir clair et de remplir ainsi notre fonction. Si cela ne suffisait pas, tout indique que le torchon brûle entre Moscou et Jérusalem, et qu’un affrontement limité entre les deux armées devient de plus en plus probable ; il est même possible qu’il ait déjà eu lieu.
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Deux F-16 surmontés d’un F-15
Pourtant, M. Netanyahu était dans la capitale russe la semaine dernière pour y rencontrer M. Poutine et à l’issue de leur entretien, les choses paraissaient sous contrôle. Mais le Tsarévitch et son équipe dirigeante figurent parmi les gouvernements les moins fiables de la planète, ce que nous ont confirmé de vive voix la plupart des représentants des Etats occidentaux que nous côtoyons. Vladimir Poutine est capable de négocier une entente avec vous, un sourire chaleureux aux lèvres, pendant que, dans une autre salle, Lavrov est en train de préparer la livraison d’avions de chasse et de systèmes de missiles avec l’Iran ou la Syrie.
 
Commençons par décrire ce qui nous interpelle à propos du raid de vendredi. Nous n’avons que l’embarras du choix. Lors des opérations aériennes précédentes, l’Aviation israélienne avait tiré des missiles air-sol à bonne distance de ses cibles, le plus souvent à partir du Liban ou à la lisière de ce pays avec la Syrie, et les résultats ont chaque fois été parfaits. 
 
Pourquoi, dans ces conditions, cette fois-ci, les appareils hébreux ont-ils profondément pénétré dans l’espace aérien des al Assad ? Quel objectif était suffisamment important et ne pouvait être détruit par les missiles pour justifier qu’on risquât la vie des équipages ?

France: la déradicalisation des djihadistes est un fiasco, par Soeren Kern

Le programme phare du gouvernement français sur la déradicalisation des djihadistes est un « fiasco total » et doit être « complètement repensé », indiquent les premières conclusions d'une commission d'enquête sénatoriale sur la déradicalisation.

Selon le rapport préliminaire, le gouvernement français n'a aucun résultat tangible à présenter au regard des dizaines de millions d'euros d'argent public engagés ces dernières années dans la lutte contre une radicalisation islamique qui a tué 238 personnes depuis Janvier 2015. Le rapport laisse entendre que la déradicalisation, en centres spécialisés ou en prison, ne fonctionne pas parce que la plupart des islamistes radicaux ne veulent pas être déradicalisés.

 
Le Château de Pontourny « Centre de prévention, d'insertion et de citoyenneté », en France. (Image source: 28 minutes - ARTE video screenshot)
Le rapport « Désendoctrinement, désembrigadement et réinsertion des djihadistes en France et en Europe » -- l'intitulé évite d'avoir recours au terme « déradicalisation » considéré par certains comme politiquement incorrect — a été présenté à a commission des lois du Sénat le 22 Février.