23 mars 2017

Justice : l’impartialité ne se proclame pas, elle se prouve, par régis de Castelnau

Bruno Le Roux vient de se faire épingler pour des faits qu’au groupe socialiste à l’Assemblée tout le monde connaissait parce que droite ou gauche, beaucoup de parlementaires faisaient à peu près la même chose. Démission express du ministre de l’Intérieur et ouverture au bout de 24 heures d’une enquête préliminaire par le Parquet national financier (PNF).

Bruno Le Roux et Emmanuel Macron discutent à l'Assemblée nationale, janvier 2015. SIPA

Le Roux tombe, Fillon prend

« Coup dur pour Fillon » proclament alors sans barguigner les gazettes, parce que l’attitude « exemplaire » de Bruno Le Roux démissionnant, et l’ouverture d’une enquête préliminaire du PNF démontreraient que la gauche « fait le ménage chez elle » et que le PNF est magnifiquement impartial. On se permettra de remarquer que le PNF a quand même attendu 24 heures pour ouvrir une enquête préliminaire pour les emplois des enfants Le Roux, sachant qu’il ne pouvait pas faire autrement sans se déshonorer.  Et l’après-midi même, histoire de revenir aux bonnes habitudes, violation du secret de l’instruction, pour annoncer à grand son de trompe « l’élargissement » de l’instruction Fillon à des incriminations ronflantes.


Royaume-Uni : So British, la charia ? par Ana Pouvreau et Mark Porter

La peur panique de l’islamophobie a ouvert la voie aux islamistes
Le plus multiculturel des pays européens est celui de toutes les tentations intégristes: impunité pour l'excision, reconnaissance du droit coranique, dérives répétées dans l'enseignement privé. La peur panique de l'islamophobie a ouvert la voie aux islamistes. 
 
Tower Hamlets, Londres, 24 avril 2016. Plus de la moitié de la population de ce borough londonien est musulmane. Photo: Q. SAKAMAKI/REDUX-REA

Soucieux d’expier les brutalités de la colonisation, le Royaume-Uni découvre aujourd’hui que, dans sa quête d’une société multiculturelle idéale, il est devenu le terrain de prédilection de l’entrisme islamiste.

Mais tandis que les travaillistes sont enlisés dans leurs affaires d’antisémitisme, chez les Tories, depuis un an, on joue la carte du sursaut national face à la menace islamiste, et les mea culpa de l’establishment sont de mise.

Westminste, par Stéphane Juffa

Science-fiction : un très long article de Philippe Bernard ce matin, le correspondant du Monde à Londres. L'unique mention de l'islam, de l'islamisme et des musulmans est la suivante : " Nous sommes conscients que les communautés musulmanes vont s’inquiéter à présent, étant donné le comportement de l’extrême droite dans le passé (...)".
 
Sacrée extrême droite, il paraît qu'elle tue des gens de temps à autres...
 
Ce qui " touche un symbole de la démocratie britannique ", ce n'est pas le terrorisme islamique, c'est " une attaque ".
 
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Ils sont pourtant des millions à s’exprimer clairement
 
Difficile de croire ce qu'on lit. Le terroriste n'est pas musulman, il est " isolé ". Ce qui signifie qu'il a assassiné 4 personnes et en a blessé 40 sans motif, par lassitude, pour ébranler un symbole de la démocratie britannique.
 
Il est le seul dans son cas, le premier, il n'y a pas eu Zaventem ni le Bataclan, ni l'Hyper Casher. Le mec, un loup solitaire, sans doute échappé de la forêt de Sherwood, s'ennuyait le mercredi après-midi -- ce n'était pas un prêcheur, un leader communautaire, le représentant d'un grand courant de haine pour tout ce qui est démocratique et non musulman -- ; " inspiré par le terrorisme international ", il est allé passer ses nerfs à Westminster.
 
Ceux qui écrivent des articles de ce genre, qui les commandent et qui les diffusent ne font définitivement pas le même métier que nous. Il ne s'agit ni d'information ni d'analyse.
 
Contrairement au Monde, maintenant, on sait qu'il va y avoir d'autres assassinats collectifs commis par des musulmans en Europe. On sait quand : dans pas longtemps. On sait que les assassins sont déjà sur place. On sait à quelle communauté ils appartiennent, où ils habitent, pourquoi ils agissent. On sait qu'ils ont déjà frappé et tué et que c'est leur unique objectif. On sait qu'ils vont sacrifier leur vie pour tuer LE PLUS GRAND NOMBRE DE NON-MUSULMANS POSSIBLE au nom d'Allah. On sait où ils vont agir : dans un endroit en vue.
 
Et on fait quoi, les brêles, pour empêcher que cela n'arrive ? On prépare les hommages de circonstance ? On dit qu’il faut s’organiser (Hollande) ? On pré-écrit des articles émasculés qui ne veulent rien dire et qui dissimulent l’intolérable réalité ? On protège la communauté musulmane de l' " extrême droite " ? Les Palestiniens du "" génocide "" commis par Israël ? Les banlieusards de la police ? On continue de feindre d’ignorer qu’il existe des milliers de musulmans en Europe pour qui assassiner des non-croyants importe plus que leur propre vie ?
 
© Metula News Agency

Israël: quand Le Monde oublie d’informer, par Gilles-William Goldnadel

Qui est vraiment Richard Falk, le rapporteur de l’ONU ?

Falk rapporteur à l'ONU, c'est Jack l'éventreur nommé à la protection des femmes.
Je l’ai écrit mille fois: en matière d’information, la première désinformation, c’est l’occultation. Ou le mensonge par omission.

Peu de risques d’être confondu. Sauf lorsqu’on exagère. Et Benjamin Barthe du journal Le Monde, qui fut, il y a longtemps, un journal sérieux, avant qu’il n’exagère, a exagéré. B.B. a publié le 17 mars à 23h53 un article intitulé : « Sous la pression, l’ONU enterre le rapport accusant Israël d’apartheid ». À sa lecture, on sent bien que Benjamin n’est pas heurté par l’incongruité juridique manifeste du rapport. Et rien qu’à lire le titre, on comprend également que n’étaient les menaces de Trump et de Netanyahou, l’ONU aurait dû publier ce rapport objectif comme il en a publié tant d’autres pour flétrir Israël. Voilà ce qui doit heurter. Les lecteurs égarés du journal l’ont d’ailleurs signifié vertement dans leurs commentaires en condamnant l’infâme censure ainsi exercée.

Le sulfureux monsieur Falk

 

Mais trêve de persiflage. Venons-en aux faits ou plutôt à ceux qui sont soigneusement dissimulés. Selon B. Barthe, Richard Falk et Virginia Tilley, les deux auteurs du rapport de cette sous-commission économique régionale onusienne1 qui a pris sans qu’on lui demande l’initiative de rapporter, seraient « des spécialistes du droit international ». Rien de plus. Certes, le fait que ces deux éminences préconisent dans leur rapport de s’en remettre aux boycotteurs antisionistes du BDS laissent à penser que nous n’avons pas seulement affaire à de purs esprits scientifiques. Mais un journaliste aspirant à la crédibilité minimale aurait dû se faire devoir d’édifier son lecteur sur le cas exceptionnellement extravagant de Richard Falk qui avait à de très nombreuses  et scandaleuses reprises défrayé la chronique.