29 mars 2017

AIPAC mars 2017 : avec le discours du Vice-Président Mike Pence, l’Amérique que l’on aime, par Hélène Keller-Lind

S’exprimant lors de la soirée d’ouverture de l’importante conférence annuelle du lobby américain AIPAC, qui se tient du 26 au 28 mars 2017, le Vice-Président Mike Pence a prononcé un discours d’une grande fermeté, d’une grande humanité, d’une grande émotion, réaffirmant la solidité et la permanence de l’alliance et de l’amitié entre les États-Unis et Israël sous la présidence et l’impulsion de Donald J. Trump. On y trouvait l’expression des valeurs fondamentales de l’Amérique et des démocraties.

Le Vice Président Mike Pence et sa femme Karen à l'AIPAC
Un discours fort emprunt d’émotion
 
L’un des moments les plus forts du discours de Mike Pence, Vice-Président des États-Unis, aura sans doute été lorsqu’il évoqua le camp de Dachau et les visites qu’il y a rendues. La première en tant que jeune Américain, la dernière en date, à l’issue de la Conférence de sécurité de Munich où il représentait son pays il y a un peu plus d’un mois. C’est avec son épouse et leur fille qu’ils sont allés dans ce « premier camp de concentration nazi ». Un survivant, Abdi Noor, aujourd’hui âgé de quatre-vingt-treize ans, qui y avait été interné à l’âge de dix-sept ans, les a accompagnés à travers Dachau, « dans le brouillard de ce début de matinée », leur décrivant « la vie infernale de dur labeur et d’esclavage qu’il y avait endurée. »


On a enfin compris l’utilité du CSA, par Gilles William Goldnadel

Le CSA, nous précise une dépêche AFP du 22 mars, est intervenu auprès de TF1 pour une formule utilisée par le présentateur Jean-Pierre Pernaut pour parler des migrants qui pourrait “encourager un comportement discriminatoire”. Quel crime aurait donc commis ce présentateur ordinairement  placide ?

Pour faire la transition entre un reportage sur les sans-abri et un sujet sur les migrants, le jeudi 10 novembre 2016 dans son journal télévisé de 13 h, M. Pernaut avait lancé : “Voilà : plus de places pour les sans-abri, mais en même temps les centres pour migrants continuent à ouvrir partout en France”. Dans sa décision, le Conseil a “regretté la formulation choisie par le journaliste”, estimant que celle-ci était “de nature à sous-entendre que les migrants seraient privilégiés par les autorités publiques par rapport aux personnes sans domicile fixe”. C'est étrange, un esprit moins délié aurait plutôt compris que M. Pernaut s'était borné à constater cette triste évidence, déjà déplorée en son temps par la Cour des Comptes, que le traitement social par l'État des SDF était déjà arrivé à saturation pour des raisons financières.

De là à penser qu'il n'est ni très raisonnable ni très humain d'accueillir de nouveaux sans-logis, alors que ceux qui résident déjà sur le territoire ne peuvent être traités décemment, traduit non pas un comportement discriminatoire mais plutôt rationnel et humain. En outre, on ne voit pas pour quelle raison politique ou juridique (les migrants ne sont pas une catégorie ethnique particulière), il serait interdit au présentateur d'une chaîne privée de grande écoute de faire valoir son point de vue personnel sur la politique migratoire. En réalité, les dernières initiatives du CSA pourraient laisser penser à un esprit chagrin qu'il s'arroge désormais le droit de censurer toute parole qu'il estime politiquement déviante.

On se souvient en effet que c’est sur sa dénonciation manifestement intempestive que les organisations prétendument antiracistes ont cherché une mauvaise querelle judiciaire à Georges Bensoussan pour s'être laissé aller à penser trop fort sur les antennes de France Culture qu'il existait un antisémitisme puissant dans une partie non négligeable de la population islamique. On se souvient également que la justice française, pour une fois moins rétive à l’ingrate vérité que le CSA, n'y a rien  trouvé à dire ni à sanctionner. Le plus étrange, c'est que dans le même temps, le CSA montre un esprit de grande tolérance lorsque le service public dérape sur un terrain autrement plus fangeux.

Eliminations ciblées : mesure extrême, mais risque calculé, par Shaul Shay



L’élimination de Mazen Faqha, un commandant de haut-rang au sein de la brance militaire du Hamas,soulève plusieurs questions sur la nécessité stratégique de la mesure dans la guerre contre le terrorisme. Israël n’a jusqu’à résent, pas répondu aux accusations du Hamas, ni n’a de raison de confirmer qu’il serait ou pas, à l’origine de la mort de Faqha, et, par conséquent, la discussion se concentrera sur un contexte plus large sans évoquer l’implication supposée d’Israël.

Cimetière de Pantin : analyse et épilogue, par Stéphane Juffa

Depuis plus d’une semaine, précisément depuis le lundi 20 courant, la polémique enflait au sein de la communauté juive de Paris. Qu’est-ce qui a causé la destruction d’une quinzaine de tombes dans le carré israélite du cimetière de Pantin ?
 
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Un évènement banal ?
 
Deux raisons à cette dispute : le sentiment – c’est plus qu’une impression – d’être les laissés-pour-compte de l’appareil étatique qui, en cette veille d’élection présidentielle, drague les citoyens français de confession musulmane de manière presque obsessionnelle ; il n’est que d’entendre les discours de Mélenchon, d’Hamon et de Macron pour s’en persuader, ainsi que la passivité du gouvernement face à ceux qui détestent et menacent les Juifs en public.
 
Les autorités viennent ainsi d’autoriser une manifestation organisée par la CAPJPO Euro-Palestine contre ce qu’elle appelle l’ "occupation et la colonisation de la Palestine", pour la "participation à la campagne BDS" de boycott d’Israël, pourtant décrétée illégale par le gouvernement, mais aussi  "plus que jamais" pour la "séparation du CRIF et de l’Etat !" et la "dissolution de la LDJ !". Pour ceux qui auraient un doute, ces mots d’ordre se retrouvent sur le site Web de la CAPJPO.