3 avr. 2017

Emmanuel Macron ou l'esthétique du vide (2/2), par Caroline Galactéros

Le candidat « en marche » ne promet pourtant rien moins que « la révolution » et la « réconciliation de l'ambition avec le réel ». Beau programme. Comment ? On verra plus tard. Cela ne vous rappelle pas quelqu'un ? Dans les faits, ce renouveau tonitruant de la social-démocratie par une fusion assumée avec la logique libérale dans tous les domaines assume l’uberisation de la société et des individus, donc la précarité comme horizon et la stupidité de clivages manichéens entre « ouverture » et « fermeture », entre « progressistes » et « conservateurs », c'est-à-dire en fait entre ceux qui acceptent leur disparition dans un sans-frontièrisme enfiévré et une totale soumission à la dérégulation financière, et ceux qui ne s'y résolvent point. 

Le télévangéliste prétend incarner une modernité radieuse et généreuse alors qu'il est le rejeton tardif prétendument émancipé d'une génération politique qui n'a fait que se déconnecter d'avec le monde réel et mentir éhontément à son électorat initial, y compris sur le thème de la souveraineté nationale ou du patriotisme économique.

Sans même jouer à se faire peur en imaginant un instant ce que pourrait donner un tel président sur la scène internationale face à des figures telles que D. Trump, V. Poutine ou encore Xi Jing Ping, comment ignorer que sa popularité démontre la gravité de la crise du politique en France. Nos concitoyens sont si désorientés, si dégoûtés qu'ils paraissent prêts à toutes les aventures, même si nombreux sont encore ceux qui sentent combien le choix de mai prochain signera soit l'amorce de notre relèvement collectif, soit l'engloutissement progressif des derniers anticorps sociétaux et culturels protégeant encore notre corps national de l'implosion.

Emmanuel Macron ou l'esthétique du vide (1/2), par Caroline Galactéros

« Penser printemps » et se mettre en marche vers l'abîme… Prise dans les miasmes d'une galopante infection « par le bas », la campagne présidentielle est toujours menacée de confiscation par la médiatisation acharnée et jubilatoire des plus petits côtés de notre classe politique. L'on connaît la tête de turc favorite de ce jeu de massacre triste : François Fillon, bouc émissaire idéal d'une déréliction morale au long cours de l'ensemble de nos élites publiques, qui escamote commodément le débat politique sur le fond c'est-à-dire sur l'essentiel: les voies et moyens du redressement national de notre pays abîmé. « L'affaire » a été construite et entretenue à cette fin, comme le point focal sur lequel devait se concentrer toute l'attention de nos concitoyens placés sous hypnose collective et progressivement menés au précipice comme un troupeau inconscient à l'abattoir ou des rats à la mer au son du flutiau d'un « sauveur » de rencontre.
Emmanuel Hollande est une forme vide. Une forme pleine d'un vide qui le remplit et lui permet d'irradier avec un talent certain l'affect pur.
Sur la question de l'exemplarité en politique, soyons clairs : on peut être légitimement déçu de comportements qui ont la vie dure et sont devenus indéfendables en cette époque de transparence et d'exigence « éthique » serinée comme un mantra à l'oreille de nos concitoyens. Celui qui se consacre à la chose publique doit s'astreindre à une forme d'exemplarité personnelle, ne serait-ce d'ailleurs que pour être libre et invulnérable aux coups bas portés par ses adversaires politiques ou ses « proches » prompts à quitter son navire au premier coup de vent. Souhaitons que l'on n'en arrive pas au ridicule puritanisme de nos cousins américains car l'incohérence est en l'homme structurelle, et rarissimes sont ceux qui ne peuvent être un jour mis en porte-à-faux entre leurs convictions et leurs pratiques intimes. D'un chef d'État l'on attend de l'autorité, de la vision et le sens précisément de l'État et de l'intérêt général. Peu nous chaut le prix ou la provenance de ses costumes.


Histoire de nettoyage, par Dry Bones

" Nouveau pour nettoyer la ville " : le nouveau nettoyant hollandais chasse la saleté.


L'histoire : 
Amsterdam (JTA) - A la suite de la plainte de deux résidents, les employés de la ville ont dû enlever et déplacer une plaque commémorative grande comme une carte postale de l'entrée de l'ancienne maison d'une victime de l'holocauste.
La plaque en laiton portant le nom de Joachim Elte -- qui avait été fixée dans le trottoir en 2014 devant le 3 Nicolass Maes Street -- a été déplacée vers un emplacement « aussi loin que possible de la porte » des deux résidents, qui ont récemment poursuivi la ville en justice pour retirer la plaque complètement.
Les deux résidents, dont les noms n'ont pas été révélés, ont récemment déposé auprès d'un juge une requête en injonction ordonnant que la plaque soit retirée de devant leur résidence. Dans leur motion, les deux résidents ont dit qu'ils trouvaient dommageable d'avoir à se rappeler en permanence, à cause de la plaque commémorative, la déportation et l'assassinat de Joachim Elte, un comptable de 51 ans mort dans un camp de concentration nazi en 1945.
Ils ont aussi argué du fait que cela « dégradait l'atmosphère » de leur environnement haut de gamme et de leur vie privée et de celle de leurs enfants parce que cela attirait des badauds.