9 avr. 2017

La IVe Convention de Genève est inapplicable en Zone C, par Maître Bertrand Ramas-Muhlbach

Le 31 mars 2017, le Directeur du Ministère israélien des Affaires Etrangères, Yuval Rotem, a rencontré dans un salon de l’Hôtel Dan à Tel Aviv, Lars Faaborg-Andersen, Ambassadeur en Israël de l’Union Européenne, ainsi que l’ensemble des ambassadeurs de l’Union Européenne en Israël. Alors qu’il devait s’agir d’une réunion de travail classique entre diplomates européens et israéliens, Lars Faaborg-Andersen lui a fait part des vives protestations européennes quant au projet de démolition du

Le village bédouin de Khan al-Ahmar : 42 structures temporaires, sans commodités, construites en toute illégalité, sur la zone E1 qui relie Ma’ale Adumin à Jérusalem).
Pour l’Union Européenne, la démolition des habitations bédouines serait assimilable à « un transfert d’habitants » constitutif d’une violation de la IV° Convention de Genève (sic). Aussi, la réunion de travail s’est-elle transformée en une critique européenne en forme, de la politique israélienne dans la Zone C de Cisjordanie.

Le choix de l'électeur juif, par Shmuel trigano

On ne peut parler de « vote juif » en France si ce n’est -– je l’écris sur la foi d’un très ancien sondage « sortie des urnes » que j’avais à l’époque contribué à commenter -– que les Juifs votent toujours dans le sens de la majorité électorale avec pour seule caractéristique de le faire avec encore plus d’ampleur.

Fillon reste la seule alternative pour l’électeur juif. L’argument pseudo moral à son encontre ne tient pas : on n’élit pas des saints ni des moralistes mais des lignes politiques

Mais il y a des électeurs qui sont juifs.  Le choix est clair pour eux, n’en déplaise aux journalistes qui se plaisent à épiloguer sur l’égarement de l’électorat. Dans une élection pareille, c’est le principe du moindre mal qu’il faut privilégier. Cette campagne a donné à assister à trois faits majeurs. La décomposition du parti socialiste est sans doute le phénomène qui laissera le plus de traces partisanes. Dans ses décombres se lèvera une nouvelle extrême gauche, « progressiste » et post-moderniste, façon Hamon, et peut-être une nouvelle gauche socialiste, finalement très « vieille France » et qui aura rejeté le libéralisme économique, qu’incarne déjà l’orateur flamboyant qu’est Mélenchon. 

Le second fait concerne l’incroyable exécution en plein vol de Fillon, produit de la connivence médiatico-judiciaire, qui dénote une maladie de la démocratie en proie au gouvernement des juges et des journalistes, devenue le champ de manipulations idéologiques brutales autant que sournoises. Aucun esprit sensé ne peut gober l’idée que cette affaire a suivi le cours normal de la justice. Du coup, la lutte pour le pouvoir a atteint un degré rarement atteint de violence, ce qui laisse planer une inquiétude pour l’avenir. 

Enfin, le troisième phénomène, sans doute le plus inquiétant, est l’ascension du personnage de Macron. La vacuité de son discours, ses mimiques inspirées, le flou de son programme et des forces qui le soutiennent, les foules qui applaudissent, on se croirait sur une planète « alien » ou dans le monde que décrit le roman d'Orwell, « 1984 ». Le néant du programme donne le vertige. Comment tant de Français pourraient-ils donner à un individu aussi falot la responsabilité du pays, c’est fascinant et cela attire notre attention sur le fait que tout pourrait être possible dans ce pays, l’aventurisme le plus total.

Pour l’électeur juif, ces trois forces, restes de la décomposition du hollandisme, sont évidemment répulsives, s’ils ont à cœur leur destin de Juifs et la poursuite de leurs intérêts existentiels. Ces trois figures sont acquises à l’électorat musulman, à la cause palestinienne, à la relégation de la communauté juive. Les preuves oratoires en ont été données tout au long de la campagne, sans compter que le quinquennat Hollande porte une lourde responsabilité sur le plan du terrorisme du fait de son incapacité à le nommer, à se confronter à lui sur la scène intérieure, à n’offrir aux victimes que de la compassion mais pas une politique. Ce quinquennat portera toujours le stigmate de la reconnaissance d’un Etat fantoche et du vote à l’Unesco. Cet état de faits remonte loin. Que l’on se souvienne de la recommandation de Pascal Boniface au PS de Jospin de déserter l’électorat juif pour courtiser le musulman. En définitive, cette recommandation  a bien été appliquée !

Si l’on se retourne vers la droite, il est clair que le seul vote possible est en faveur de Fillon. Je n’ignore pas qu’une partie des électeurs juifs votent pour le FN. Après tout, s’ils sont à l’image de l’électorat, ils votent aussi dans ce secteur à son unisson. Mais la position du FN concernant les Juifs a un tel passif que c’est un choix impossible. C’est Mitterrand qui a fait du FN le pivot de tout le système politique français dès la fin des années 1980. et ce fut une bombe à retardement qui a détruit progressivement tout le système politique français. On se demande même si la logique de ce système ne conduira pas, sans doute pas cette fois-ci, à l’accession au pouvoir, seule issue de cette machine infernale, sans doute dans la destruction. 

Fillon reste la seule alternative pour l’électeur juif. L’argument pseudo moral à son encontre ne tient pas : on n’élit pas des saints ni des moralistes mais des lignes politiques. Or la sienne semble la plus adéquate sur un plan strictement politique et régalien pour sauvegarder (plus ou moins) l’Etat et la nation, qui sont pour les Juifs le socle de leur continuité. Il reste cependant une inconnue. Nul ne sait si Fillon ne se sarkozysera pas une fois au pouvoir. Et une évidence déplaisante ; le fait que dans les années à venir les Juifs qui resteront en France seront obligés de faire profil bas, pris en tenailles entre la réaffirmation de la France –- une démarche vitale pour eux mêmes –- et  l’endiguement de l’islam que cela implique. Continuité au prix de la discontinuité. Retour au XIX° siècle !

Assad dans le collimateur de Trump, par Freddy Eytan

Après l’attaque américaine contre une base aérienne syrienne, nous ne savons pas encore comment la situation sur le plan diplomatique international va évoluer, et qui gagnera dans ce bras de fer entre Trump et Poutine. Toutefois, une chose est certaine, la puissance américaine revient en force sur le terrain après huit années de nonchalance. Les réactions dans les capitales arabes, et en particulier en provenance du Caire et de Riyad, prouvent un désir ardent pour que l’Amérique de Trump fasse enfin le ménage en remettant ordre et stabilité après une longue période d’indifférence de l’Occident.

 

L’USS Ross a lancé 58 Tomahawks sur Khan Cheikhoun dans la nuit du 6 au 7 avril 2017 (photo Wikipedia)

Le désarroi face à la montée en puissance des islamistes en Irak et en Syrie, et le manque d’audace d’Obama à intervenir, ont permis aux Russes d’avoir longtemps les mains libres et au boucher de Damas de continuer à massacrer sa propre population notamment par des armes chimiques.

En refusant depuis 2011 de résoudre le problème à la source et de chasser le président sanguinaire du pouvoir, les Européens affrontent sans succès des vagues de réfugiés syriens et surtout une menace constante d’attentats quotidiens, à Paris, à Londres ou à Stockholm.

Le premier ministre Nétanyahou a été le premier à réagir favorablement au raid américain comme il a été aussi le premier a accuser directement Assad du carnage contre Khan Cheikhoun à l’arme chimique. Soulignons particulièrement l’indifférence du monde arabo-musulman devant les massacres, et en revanche l’aide humanitaire et médicale exemplaire de l’Etat juif à des milliers de blessés syriens.

Cette première attaque des Etats-Unis en Syrie est un clair avertissement à Assad mais surtout à ses complices Poutine et les Ayatollahs d’Iran. Téhéran ne sera plus impunie si elle franchissait les lignes rouges de son projet nucléaire. La Corée du Nord devrait aussi méditer sur les réelles intentions du nouveau shérif à la Maison Blanche.
Dans ce contexte toujours explosif, de nombreux pays souhaitent que l’Amérique redevienne le gendarme du monde, et surtout qu’elle fasse la pluie et le beau temps dans notre région. Si Trump persiste dans sa stratégie, son rôle d’influence sera déterminant tant sur le plan militaire contre le terrorisme que sur la solution du problème palestinien.

Une amitié forte lie Trump et Nétanyahou (ici à la Maison Blanche, crédit GPO)
En ce qui nous concerne directement, il s’agit d’un vrai tournant dans la politique américaine puisqu’Israël a été avisé à l’avance du raid. Désormais, après avoir acquis un mécanisme de coordination avec la Russie, nous aurions un soutien des Américains et une marge de manœuvre dans nos propres raids contre le transfert d’armes au Hezbollah.

Sur le plan diplomatique, nous sommes dorénavant un partenaire clé pour résoudre la crise syrienne et obtenir des garanties sécuritaires solides. Nous pourrons aussi compter sur les Américains le jour où l’on discutera sérieusement de la fin des hostilités en Syrie et au moment où l’avenir du Golan sera à la table des négociations.
Comme le souhaitait Ben Gourion juste après la Guerre des Six Jours, ce plateau stratégique doit demeurer à jamais sous souveraineté israélienne.

Europe : lutter contre les fausses nouvelles, par Fjordman

En janvier 2015, le New York Times a nié l'existence de « no-go-zones » - des territoire qui échappent au contrôle de l'Etat et obéissent à la charia – contrôlées par divers groupes d'immigrants dans certaines zones urbaines de l'Europe occidentale. Le journal américain a qualifié l'auteur de ces lignes, ainsi que des écrivains comme Steven Emerson et Daniel Pipes de diffuseurs d'informations mensongères. L'article a été publié peu de temps après que des terroristes islamiques aient massacré la rédaction du magazine satirique Charlie Hebdo, à Paris, le 7 janvier 2015. D'autres médias à forte notoriété comme le magazine The Atlantic ont également démenti l'existence de no-go-zones.

 
Voitures en feu à Stockholm pendant les émeutes du 20 février 2017. (Image source: YouTube/gladbecker82 video screenshot)

Fox News a -- ce qui ne lui ressemble guère -- présenté ses excuses à l'antenne pour avoir permis à ses présentateurs et invités d'indiquer l'existence de « no-go-zones » islamiques dans des pays européens comme la Grande-Bretagne et la France.

Le sujet des « no-go-zones » relève en grande partie de la sémantique. Si vous dites que la police a peur de patrouiller dans certains endroits où les lois normales, laïques, du pays peinent à s'appliquer, alors il est incontestable que des zones de ce type existent dans plusieurs pays d'Europe occidentale. La France est l'un des plus durement touchés : ce pays abrite une importante population d'immigrants arabes et africains qui comprend plusieurs millions de musulmans.

Je travaille sur ces questions en Suède et dans le reste de l'Europe depuis de nombreuses années. Les problèmes sont malheureusement trop réels. Voici les faits :

Sarah Lucie Halimi : La France face à sa vérité, par Jean-Pierre Lledo

Ce nouveau crime ne fera pas partie du débat présidentiel et ne fera pas sortir un million de personnes. Il est pourtant bien plus grave que celui de Charlie Hebdo et de l’Hypercasher, commis au nom d’une organisation et minutieusement préparés.

Sarah Lucie Halimi
Le crime à motivation religieuse se démocratise. Désormais n’importe quel musulman débordé par ses passions pourra passer à l’acte et son mobile est déjà annoncé : il s’est récemment " radicalisé ".

Partie comme elle est avec ses nouvelles élections, les plus lamentables de toute son histoire républicaine, il ne faut pas être devin pour énoncer que les Juifs ne sont plus en sécurité en France, et qu’ils le seront de moins en moins. Car de ce point de vue, l’assassinat de Sarah Lucie est encore pire que celui d’Ilan. Ce dernier avait été séquestré, dissimulé et assassiné à petit feu. Sarah, elle, a été poignardée et défenestrée, alors que des policiers présents ont préféré ne pas intervenir et attendre les forces du RAID !

Avec de pareils défenseurs de l’ordre public, les Juifs ne devraient plus dormir tranquille. Mais comme ils ont du mal à croire que n’importe quel quidam puisse leur vouloir du mal, le mal a un avenir fantastique en France et en Europe plus généralement.
Jean-Pierre Lledo, cinéaste, essayiste