25 mai 2017

La « sélection » à l’université par tirage au sort décidée en catimini entre les deux tours des élections, par Jean-Yves Naudet

C’est une décision scandaleuse et grave qui a été prise par le gouvernement sortant le 27 avril, entre les deux tours des élections présidentielles. Scandaleuse sur la forme : une simple circulaire ministérielle et une date choisie pour que le texte passe inaperçu ! Et gravissime sur le fond : le refus idéologique de toute sélection sur des critères de compétence conduit à un arbitraire absurde : le tirage au sort !


La fiction de l’accès libre à l’université

L’origine du problème est connue : le baccalauréat est considéré comme le premier grade universitaire, car les jurys sont présidés par un universitaire qui, de facto, n’a aucun pouvoir, les consignes de correction étant données par le rectorat. Cette « fiction » permet à tout bachelier d’accéder librement à l’université. Ce principe connait des exceptions, puisqu’il existe des filières sélectives dès le départ (comme les IUT) ou au bout d’un an (comme la médecine avec le numerus clausus). En outre, la liberté est partielle, le droit à l’inscription n’étant automatique que « dans un établissement ayant son siège dans le ressort de l’académie où il a obtenu le baccalauréat ou son équivalent ou dans l’académie où est située sa résidence ». Critère idiot : on peut aller faire des études dans un pays étranger, si le dossier est jugé de qualité, mais, à l’intérieur de l’hexagone, il existe des barrières d’une académie à l’autre, qui ne peuvent être franchies que par des critères arbitraires.

Car il arrive souvent -- surtout avec l’afflux croissant d’étudiants -- que la capacité d’accueil ne permette pas d’admettre tous les candidats (En Staps-activités physiques et sportives, sciences de l’éducation, Arts du spectacle, mais aussi parfois en LEA, Droit ou Psycho). La logique et les exemples étrangers indiquent une solution équitable : le choix en fonction des compétences et de la qualité des candidats, suivant ses mentions au bac ou un concours d’entrée (comme dans les grands écoles ou les IEP), ou des prérequis, ou un examen du dossier, ...). Mais en France la sélection est un mot tabou à l’université et, au nom d’une égalité confondue avec l’égalitarisme, tout le monde a droit à s’inscrire partout, alors que, comme disait Aristote « Il n’est de pire injustice que de traiter également de choses inégales ».

Prélèvement à la source : la première catastrophe industrielle du président Macron ? par h16

Il aurait été franchement dommage de partir sans laisser de cadeaux. C’est très sûrement ce que se sont dit les fines équipes hollandaises dans la dernière semaine du quinquennat du président flambiste, à tel point qu’elles ont multiplié les mesures de dernière minute pour s’assurer de boucler les affaires courantes et les petits dossiers brûlants. Le président Macron n’a pas encore ouvert les jolis paquets colorés mais gageons que les surprises feront des heureux.


Prenez le tirage au sort en guise de « sélection » à l’université : que voilà une idée lumineuse, éminemment bisou-compatible, et qui assure une amélioration notoire du niveau des étudiants pour la prochaine rentrée ! Non seulement cela va encourager les uns et les autres à travailler en amont puisque bon ou mauvais, chacun aura sa chance, mais en plus, cela garantira une saine variété des prérequis universitaires qui promet, à terme, une excellence des étudiants et une forte remotivation des enseignants.

Mais ici, on ne parle que d’éducation. C’est un sujet relativement badin dont le président Macron ne fera qu’une bouchée, entre deux apéricubes républicains que les prochaines semaines lui promettent. C’est un sujet léger même, comparé à celui, plus lourd et certainement plus sensible, de la nouvelle fiscalité créative que Bercy entend mettre en place dans les prochains mois.

Vous n’en avez pas entendu parler ? Vous ne voyez pas de quelle créativité je veux parler ? Allons, je sais que la campagne présidentielle, palpitante à force de rebondissements, vous aura probablement focalisé sur un avenir qu’on sent de plus en plus agité, mais tout de même, qui pouvait oublier que, depuis plusieurs années, tout le monde s’est mis en tête, au sommet de l’État, de trouver de nouvelles façons de ponctionner le contribuable ? Qui pouvait omettre que Sapin et sa brochette de génies travaillaient dur à la mise en place du prélavement prélèvement à la source ?


Eh oui, rappelez-vous : dès 2015, on trouvait déjà cette envie gravée dans la feuille de route de nos énarques fiscalisateurs. À l’époque, le chantier était lancé en fanfare alors même que, pourtant, quelques doutes planaient sur la capacité de l’État à mener à bien un projet informatique de cette ampleur. Certains méchants commentateurs ne se sont d’ailleurs pas privés, les vils, de noter qu’en la matière, les administrations concernées n’avaient jusqu’à présent guère démontré leur maîtrise de l’outil informatique.

La révolution libérale en Israël et ses détracteurs, par Armand Laferrère

Si un mot devait résumer la transformation de la société et de l’économie israéliennes, au cours de la dernière génération, ce mot serait libéralisme. Il en est résulté des conséquences politiques et économiques qui expliquent l’orientation d’Israël depuis trente ans, notamment quant à la Cisjordanie. Il en est résulté aussi une division de l’opinion israélienne : une minorité politique et intellectuelle refuse ces choix. C’est cette orientation et cette division qu’explique l’article qui suit.

L’économie israélienne était, jusqu’aux années 1980, l’une des plus étroitement contrôlées par l’État dans le monde démocratique. L’absence d’alternance politique réelle entre 1948 et 1977 avait créé une économie aussi proche que possible de l’idéal corporatiste. Une élite politique, économique, militaire, culturelle et syndicale remarquablement homogène dirigeait toutes les affaires du pays. Quiconque n’était pas ashkénaze, laïque et socialiste n’appartenait tout simplement pas au monde des gens respectables. La dépense publique atteignait environ 60 % de la richesse produite. Ce qui restait de secteur privé négociait avec l’État les secteurs et les régions de leurs futurs investissements. L’union syndicale nationale, la Histadrut, avait ses propres investissements dans des usines et des kibboutz.
 
Begin (PM en 1977), avec Sharon et Yoffe dans le Sinaï le 14 juin 1967...
Ce modèle économique et social a entièrement disparu en une génération. L’évolution démographique en fut la première cause. Les sépharades arrivés en masse dans les années 1950 et 1960, puis les Soviétiques au tournant des années 1990 ont constitué des blocs électoraux largement indifférents aux valeurs des anciennes élites. Les sépharades – dont les descendants représentent un peu moins de la moitié des Juifs d’Israël – ont donné de l’importance à l’identité religieuse dans la société civile, s’opposant à la fois au laïcisme militant des anciennes élites et aux groupes ultra-religieux qui avaient constitué une société séparée. Les « Russes », majoritairement laïques comme les élites traditionnelles, s’en distinguent souvent par leur rejet des concessions sur la question palestinienne et leur confiance dans l’affirmation claire de rapports de force. Ils représentent désormais environ 15 % de la population juive. Dans le même temps, les ultra-religieux (haredim), qui furent d’abord une minorité négligeable mais dont la natalité est peut-être la plus élevée de toutes les populations humaines, ont vu leur part dans la population totale augmenter fortement : au début du XXIe siècle, ils ont probablement dépassé 10 % de la population totale du pays, soit 12 à 13 % de la population juive.

La population arabe, au contraire, reste stable à 20 % du total, malgré toutes les prévisions catastrophistes d’un « danger démographique » faites depuis plusieurs décennies. Partagée entre une majorité d’adversaires et une minorité de partisans de l’État, elle a désormais vu se créer une respectable classe
moyenne, en particulier dans la médecine et les professions libérales.

Le nouveau partage des pouvoirs résultant de la démographie fut facilité par la victoire électorale des partis de droite en 1977, puis leur montée en puissance progressive, jusqu’à devenir au XXIe siècle ce que furent les travaillistes pendant trente ans : le parti naturel de gouvernement du pays. Certains des groupes en croissance démographique, principalement les sépharades et les Russes, votent très majoritairement à droite. Les haredim, pour leur part, ne s’intéressent guère aux affaires de l’État, mais ont obtenu une influence nouvelle en marchandant les voix de leurs partis politiques contre un subventionnement constant de leur mode de vie. Au total, l’alternance politique a facilité la diversification des élites israéliennes et de leur vision du monde.

Manchester, le maire de Londres et les attentats, par Yvan Perrin

Et encore un. Cette fois, c'est Manchester qui était visée, avec pour cible la jeunesse réunie pour profiter du concert d'une chanteuse à succès chez les adolescents. Comme d'habitude, on voit fleurir " je suis... " sur les réseaux sociaux, les acteurs politiques affirment leur solidarité et leur détermination à lutter contre le terrorisme puis rien en attendant l'attentat suivant où le processus ci-dessus recommence. Pour le président français Emmanuel Macron, les attaques terroristes font désormais partie du paysage, il convient donc de vivre avec. Singulière conception de la part d'un homme dont le rôle est notamment d'assurer la sécurité de ses concitoyens, sincère aveu d'impuissance de la part de celui qui reconnait qu'il ne sera pas en mesure de mener à bien l'éradication du terrorisme. Ceci dit, il aurait bien tort de se montrer efficace puisque les Français s'accommodent fort bien de son incurie, l'ayant porté à la magistrature suprême avec un score plus que confortable. On a les élus qu'on élit, que la Grande Nation ne vienne pas se plaindre de voir le sang couler encore et encore.
 
Après avoir laissé le venin islamiste s'infiltrer dans le corps social, les Britanniques en constatent une nouvelle fois les effets.
Le cas de la Grande-Bretagne n'est guère différent. Plaçant la liberté d'expression au plus haut, les gouvernements successifs se sont bien gardés d'agir contre la propagation de la haine de l'Occident. La mosquée de Finsbury Park abrite depuis bien longtemps les prédicateurs les plus radicaux appelant à la destruction de notre monde. On y trouvait à l'époque le charmant Abou Amza, celui qui expliquait aux fidèles qu'Allah aime ceux qui croient en lui et tuent les autres. Fort heureusement, on l'entend beaucoup moins depuis que les Américains l'ont embastillé à vie sans possibilité de libération sur parole. Après avoir laissé le venin islamiste s'infiltrer dans le corps social, les Britanniques en constatent une nouvelle fois les effets.