8 oct. 2017

Théorie du genre: Amsterdam supprime « Monsieur » et « Madame », par Sami Biasoni

[Nous en cauchemardions, la cucuterie bien-pensante l'a réalisé. Au Pays-Bas pour le moment, bientôt dans l'Europe entière ? Aux USA, c'est déjà bien avancé. Comment est-il possible qu'un mouvement ultraminoritaire -- je ne parle pas des homosexuels, mais des tenants de la théorie du genre -- puisse imposer ses lubies à une population entière, avec la bénédiction des pouvoirs publics et la complicité d'une presse convenue jamais en retard d'une mauvaise cause à soutenir ? 
Sur ce sujet, on pourra écouter l'excellente deuxième partie de l'Esprit d'Escalier du 8 octobre en fin d’article -ndlr]

C’est par un sobre « Hello everybody ! » que les speakers du métro londonien ouvrent désormais leurs annonces. Exit le traditionnel « Ladies and Gentlemen » – jugé trop peu inclusif, voire carrément discriminatoire par les défenseurs de la veuve queer et de l’orphelin intersexué –, on lui préférera à l’avenir une formulation neutre et désincarnée.

A Londres, un feu de circulation neutre inclusif dénué de genre. SIPA. REX40436179_000019


Dans l’indifférence presque générale (résignée ?), la Mairie d’Amsterdam a, quant à elle, publié cet été un guide linguistique à destination de ses fonctionnaires, destiné à leur communiquer un corpus de bonnes pratiques langagières, afin de garantir une « inclusivité administrative » aux Amstellodamoises, aux Amstellodamois et surtout à ceux qui ne se reconnaissent dans aucune de ses appellations. Victime expiatoire désignée, le « madame, monsieur » se verra ainsi remplacé par un « chers concitoyens, chers habitants, chères personnes présentes » ; les actes d’état civil et autres documents d’identité verront pour leur part la mention « à la naissance » apposée auprès du sexe inscrit.

C’est là – à n’en point douter – une nouvelle victoire des partisans de la théorie du genre pour lesquels l’identité sexuelle n’existe pas : elle ne serait autre qu’un construit social que tout individu doit pouvoir aisément modifier (transsexualité), mixer (intersexualité) voire rejeter (asexualité). Nier ce droit serait un acte discriminatoire, nonobstant le réel, la culture et la tradition.

L’entreprise de déconstruction du langage à l’œuvre n’est pas neutre du point de vue de ses implications sociétales. Comme le rappelle Roland Barthes, l’écriture s’insère dans l’histoire ; la langue aussi, en ce sens qu’elle en émane autant qu’elle la façonne. Elle est ce lien qui nous unit et qui porte, via sa sémantique, notre culture. L’acceptation complaisante de sa lente déliquescence ne saurait nous conduire ailleurs que vers un appauvrissement pur et simple de la pensée. La novlangue bien-pensante n’a que trop prouvé sa capacité sans cesse renouvelée à conquérir un espace d’expression toujours plus étendu. En s’institutionnalisant, elle acquiert une légitimité autrement plus pernicieuse.

 

Sanitaires « neutres/inclusives »

 

Dès lors qu’il s’inscrit dans une logique d’oppression, non seulement le progressisme minoritaire se renforce naturellement par ses succès, mais il s’autolégitimise également par ses échecs à conquérir de nouveaux droits particuliers. Il tend à phagocyter le social en exigeant sans cesse la mise en place de régimes d’exception contraignants.

C’est ainsi qu’à la manière de certaines universités américaines, la municipalité d’Utrecht a aménagé des sanitaires « neutres/inclusives » au sein de son hôtel de ville, démarche que s’apprête logiquement à suivre la capitale néerlandaise. Peu importe que le coût, supporté par l’ensemble des contribuables, peu importe même qu’elles servent peu et qu’elles annoncent de nouvelles revendications particulières, pourvu que l’affichage de façade et la bonne conscience pavée d’arc-en-ciel y soient.

Portée par quelques lobbies inquisitoires influents, pour l’essentiel perfusés de subventions publiques, l’idéologie de conquête des militants du « gender » contribue à bâtir une société où la normalité devient au mieux suspecte, au pire oppressive. Reprenant la rhétorique et les méthodes des organisations racialistes, les pires partisans de la théorie du genre font de réalités biologiques des récits (narratives) de domination.

Au cimetière de l’universalisme langagier, « ladies and gentlemen » rejoint donc désormais les « têtes-de-nègre » racistes devenues « boules-de-neige », les célébrations de Noël islamophobes rebaptisées « festivités de l’hiver » et les fêtes des pères et des mères homophobes consacrées « fêtes de ceux que l’on aime ».

Sur ces quelques considérations nécrologiques tragi-comiques : Madame, Monsieur, bonsoir.
source  
A lire aussi : Orthographe : l’idéologie du genre contre la langue française

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